Association Renaissance Catholique

Agenda

26e Fête du Livre, dimanche 10 décembre
à Grand’Maisons (Villepreux, Yvelines), dimanche 10 décembre de 11h à 19h.

Nouveauté


Renaissance Catholique n° 148


L'association

Renaissance Catholique est un mouvement de laïcs qui agit pour la défense de la vie et de la famille et œuvre pour la restauration des valeurs chrétiennes dans la société française.

Lettre d’informations

Adhésion

La Revue

Abonnement

Don

Renaissance Catholique
13 avenue de la Paix
92130 Issy-Les-Moulineaux

Téléphone : 01 47 36 17 36

nous contacter

 


Extrait de la revue n°107

Benoît XVI et “la paix liturgique

voici le texte des pages 12 à 14

Paru en septembre 2008, l’ouvrage Benoît XVI et “la paix liturgique” est postérieur au Motu proprio Summorum Pontificum du 7 juillet 2007, mais antérieur à la levée des excommunications, le 21 janvier 2009, des quatre évêques sacrés par Mgr Lefebvre en juin 1988.

Christophe Geffroy a rassemblé en 300 pages l’ensemble des éléments qui traitent de la réforme liturgique depuis quarante ans. La richesse de la documentation consultée et exploitée ainsi que les analyses, en bonne part novatrices, menées par l’auteur feront certainement de ce livre une précieuse base de travail pour tous ceux qui s’intéressent aux questions liturgiques. L’événement est d’autant plus important que cet ouvrage, bien qu’il ne cache pas les éléments les plus dramatiques de la crise que vit de manière aiguë l’Église depuis un demi-siècle et dont la réforme liturgique n’est qu’un des aspects, a été publié aux éditions du Cerf, dirigées par les dominicains depuis 1929. Nous sommes loin de l’irénisme et du triomphalisme post-conciliaires généralement de mise dans les milieux ecclésiastiques officiels. Nous lisons ainsi : “L’autorité elle-même, cependant, n’est pas sans responsabilité dans cette situation d’anarchie liturgique, dans la mesure où, responsable des réformes, elle laisse faire les innovations et déplore les excès qu’elle ne se donne pas les moyens de contrôler et de stopper” (p. 113).

Au-delà de la description des faits, de la multiplication des textes et des références quelle est l’analyse de l’auteur ? Elle me semble résumée dans un texte du père Bonino, o.p., écrit pour l’ouvrage Enquête sur la messe traditionnelle : “On ne peut en effet se vouloir fidèle à Rome… et accepter d’un cœur léger l’éventualité que le magistère de l’Église en proposant depuis trente ans au peuple chrétien la messe selon l’Ordo de Paul VI, ait purement et simplement erré dans un domaine aussi vital que la liturgie… c’est donc en vertu d’un a priori qui découle directement de la foi en l’indéfectibilité de l’Église que nous nous interdisons de supposer une telle errance, en l’occurrence une rupture substantielle entre la messe dite de Paul VI et la messe dite de saint Pie V” (p. 278).

A défaut d’accepter d’un cœur léger peut-être faut-il subir ou observer, d’un cœur bien lourd, la réalité des faits ? Trois types de réalités semblent s’opposer, a posteriori, à ce refus, a priori, de toute “rupture substantielle” dans le domaine liturgique. Il existe d’abord des précédents historiques de “rupture”. Nous lisons dans L’Histoire de l’Église de Dom Poulet : “Léon X (1513-1521) avait eu la malencontreuse idée d’accommoder l’office divin au goût de la Renaissance, et le napolitain Zaccharie Ferreri avait composé un hymnaire enrichi d’apparitions mythologiques. Puis, Clément VII (1523-1534) chargea le franciscain Quignonez de composer un bréviaire simplifié qui parut sous Paul III (1534-1549) : on avait supprimé versets, capitules et répons, et il ne restait plus que des psaumes, des antiennes et des hymnes ; plus de distinction de rites entre les fêtes, chaque jour, même degré de solennité. Ce bréviaire anti-traditionnel, publié à Rome en 1536, était sans doute regardé comme provisoire, et il n’était fait que pour la récitation privée ; en réalité, nombre de chapitres l’adoptèrent. Paul III supprima le bréviaire de Quignonez et au concile de Trente le théologien Jean d’Arz le critiqua avec âpreté ; une demande de réforme fut introduite en 1562 à la fois par l’empereur Ferdinand Ier et par le cardinal de Lorraine ; une commission conciliaire, celle de l’Index, fut déléguée à la correction du bréviaire. Elle acheva son œuvre sous le pontificat de Pie V, en 1568”. Il semblerait bien qu’il y ait eu là une “rupture” d’une cinquantaine d’années dans un domaine qui n’est pas marginal puisqu’il s’agit, ni plus ni moins, de la louange divine.

S’agissant de la réforme liturgique de 1969, il faut bien constater, contre Christophe Geffroy, qu’un certain nombre de déclarations autorisées ont reconnu l’existence d’une telle “rupture”. Le cardinal Ratzinger écrit dans son autobiographie, Ma vie, à propos du missel de saint Pie V : “Il s’agissait d’un processus continu de croissance et d’épurement sans rupture. Pie V n’a jamais créé de missel”. Là contre : “Le décret d’interdiction de ce missel… a opéré une rupture dans l’histoire liturgique, dont les conséquences ne pouvaient qu’être tragiques” (p. 134). “On eut l’impression que la liturgie était “fabriquée”, sans rien de préétabli, et dépendant de notre décision” (p. 134), expression que reprendra le cardinal Stickler parlant de “novus Ordo fabriqué” dans une conférence prononcée à l’été 1997 (cf. Témoignage d’un expert au concile, Cardinal Stickler, Ciel, 2002).

Si cela n’est pas une rupture, alors les mots n’ont plus de sens. Christophe Geffroy concède : “Il y a eu une rupture dans la pratique et la façon de concevoir la nature de la liturgie –c’est le fait– mais pas dans la réforme elle-même ni dans le nouveau missel en tant que tel” (p. 34). C’est un a priori. Il convient, en effet, de s’attacher à l’observation impartiale des faits, telle qu’elle est menée dans le Bref examen critique du nouvel Ordo Missæ des cardinaux Ottaviani et Bacci, que notre association a réédité en 2004 à l’occasion de l’année de l’Eucharistie. Christophe Geffroy n’aime pas ce texte. Il le qualifie de “virulent” (p. 125) puis le discrédite en prétendant qu’il “affirme de façon fort polémique plus qu’il ne démontre” (p. 126). Ce n’était pas l’avis du cardinal Stickler, ancien membre de la commission préparatoire du concile puis expert auprès de différentes commissions conciliaires en particulier dans le domaine liturgique et donc un peu compétent, qui écrivait dans la préface à notre réédition en 2004 : “L’analyse du Novus Ordo faite par ces deux cardinaux n’a rien perdu de sa valeur ni malheureusement de son actualité”. Comme l’écrivait l’abbé Barthe dans son introduction à notre réédition : cet examen critique est toujours en attente d’une réponse.

La volonté de l’auteur de réduire la rupture entre les deux Ordos l’amène, fort logiquement, à minimiser les déficiences du nouvel Ordo Missæ, mais aussi les qualités de l’Ordo traditionnel : “L’ancien lectionnaire fait peu appel à l’Ancien Testament” (p. 46). Elle le conduit surtout à diaboliser les opposants les plus déterminés à la réforme liturgique qui sont, à ses yeux, à la fois des ignorants et des faibles d’esprit : “L’immense majorité des fidèles a maintenu la messe de saint Pie V bien plus pour des raisons de “sensibilité” que pour des raisons “doctrinales” qui les dépassaient sûrement et sont de plus fort controversées” (p. 284). Cerise sur le gâteau, ces personnes se sont depuis longtemps enfermées, toujours d’après l’auteur, dans “un confortable ghetto de privilégiés” (p. 283). Leurs prêtres sont, à ses yeux, des paresseux qui méritent cette admonestation faussement interrogative : “Un jour ou l’autre ne faudra-t-il pas que ces prêtres mettent la main à la pâte ?” (p. 283).

Interrogé, lors d’une récente émission de KTO, sur la position des fidèles et des prêtres de la Fraternité St-Pie X, Christophe Geffroy a pris bien soin de préciser qu’il n’en savait rien, car il ne connaissait pas ces gens-là. Cela semble effectivement évident. Même si M. Geffroy omet de mentionner qu’il fréquentait les chapelles desservies par la dite Fraternité avant les sacres de 1988. Parmi les reproches faits habituellement aux prêtres de la Fraternité St-Pie X, celui de fainéantise est une nouveauté, dont on ignore sur quoi elle repose et qui semble faire fi du travail obscur auquel s’astreignent tous les prêtres en charge d’un troupeau : offices liturgiques, administration des sacrements, enseignement du catéchisme, visite des malades…

Plus encore, Christophe Geffroy affirme de manière péremptoire : les “trois principaux axes de contestation ont tous les trois mal tourné” (p. 96). Schématiquement, ces trois axes de contestation sont, pour lui, la Contre-Réforme Catholique de l’abbé de Nantes, la Fraternité St-Pie X et les sédévacantistes. On notera que le directeur de La Nef fait ainsi l’impasse sur la revue Itinéraires et l’œuvre de Jean Madiran. La difficulté est, en outre, de définir en quoi consiste, pour une communauté religieuse ou un courant de pensée, le fait de “mal tourner”.

Est-ce décroître numériquement ? Si ce critère peut, peut-être, s’appliquer à la CRC et aux sédévacantistes (ce dont je ne suis pas certain pour ces derniers), il ne s’applique certainement pas à la Fraternité St-Pie X qui comprenait 204 prêtres en 1988 et en compte désormais 491.

S’agit-il d’un jugement moral ? On se permettra de contester à Christophe Geffroy l’autorité nécessaire pour porter une appréciation aussi générale sur l’ensemble d’une famille sacerdotale, ainsi que sur les dizaines de milliers de fidèles qui ont trouvé, auprès d’elle, les secours des sacrements.

S’agit-il d’une condamnation motivée par le caractère schismatique, à ses yeux, des sacres de 1988 ? Cela expliquerait l’étrange “impasse” faite par Christophe Geffroy sur le rôle de Jean Madiran dans la résistance à la réforme liturgique. Le directeur de La Nef aurait eu, en effet, quelque peine à englober celui-ci dans sa réprobation de ceux qui ont approuvé les sacres épiscopaux opérés par Mgr Lefebvre. Et donc à étayer son argumentaire visant à établir que la contestation de la réforme liturgique menait nécessairement à ce qu’il considère comme un “schisme”. Les mêmes observations s’appliquent à tous ceux qui, parmi les “ralliés”, prêtres et fidèles, ont maintenu depuis 1988 leurs objections à l’égard de la réforme liturgique. L’auteur les passe sans complexe sous silence. Son jugement sur l’Institut du Bon Pasteur est à cet égard symptomatique. Il trouve “détestable” (p. 279) la faculté laissée à ce nouvel institut de refuser de célébrer selon le novus Ordo Missæ. Détestable à quel titre ? Parce que cela démontre, contre lui, que l’on peut, à la fois vouloir rester, selon les mots de Dom Gérard, dans le “périmètre visible de l’Église” et continuer à contester la réforme liturgique. C’est-à-dire contredire sa propre position, ainsi érigée en loi morale universelle dans une sorte de néokantisme.

La justice voudrait enfin que, quels que soient les événements postérieurs à 1988 et les choix de chacun, tous reconnaissent que la Fraternité St-Pie X a mené pendant vingt ans, quasiment seule, un combat dont sont bénéficiaires toutes les communautés et les fidèles qui ont profité du Motu proprio Ecclesia Dei. Le fait objectif est que les sacres opérés par Mgr Lefebvre sont du 30 juin 1988 et le Motu proprio du 2 juillet 1988. Ne pas voir de lien entre les deux faits c’est nier les évidences les plus aveuglantes. Les rappeler éviterait sans doute les jugements téméraires, imprudents et un peu trop abrupts.

Le critère retenu par Christophe Geffroy est-il d’ailleurs recevable ? Une idée est juste ou fausse, indépendamment de la manière dont évoluent ultérieurement ceux qui s’en sont faits les porte-paroles. L’Église ne fait pas ainsi, par exemple, de la sainteté personnelle des pontifes la condition de leur infaillibilité doctrinale. Même si les communautés qu’il stigmatise avaient, comme il dit, “mal tourné”, en quoi cela démontrerait-il qu’elles avaient tort sur le rituel de la messe ? Est-ce parce qu’un grand nombre de jésuites, avec à leur tête leur supérieur général le Père Arrupe, se sont ralliés à la Théologie de la Libération, que cela remet en cause les principes sur lesquels saint Ignace de Loyola a fondé la Compagnie de Jésus ? Les dérives des dominicains qui faisaient flotter, après le concile, le drapeau noir sur leur couvent, justifient-elles la condamnation de l’œuvre de saint Dominique ? Plus près de nous, le directeur de La Nef prendrait-il appui sur les récentes révélations à propos de la vie privée du fondateur des Légionnaires du Christ pour contester leur attachement à la messe de Paul VI ? Y voir une conséquence des défaillances du nouveau rite ?

Plutôt qu’un jugement aussi général, on aurait donc préféré que M. Geffroy se penchât sur les raisons qui ont justifié la dissidence de la Fraternité St-Pie X et sur la difficulté de concilier, par exemple, l’enseignement de l’encyclique de Pie XI Mortalium Animos avec le rassemblement d’Assise. Il s’en garde. Au contraire, le directeur de La Nef croit trouver la preuve de la pertinacité dans l’erreur de ladite Fraternité dans le fait que “même les documents pontificaux les plus traditionnels comme le Catéchisme de l’Église catholique ou Veritatis Splendor n’ont pas trouvé grâce aux yeux des prêtres de la Fraternité St-Pie X” (p. 98). Serait-il interdit d’ouvrir les yeux pour lire, et faire part de la contradiction qui peut apparaître à une intelligence sans doute moins déliée que la sienne, entre ces textes :

  • Catéchisme de l’Église catholique (§1601) : “L’alliance matrimoniale par laquelle un homme et une femme constituent entre eux une communauté de toute la vie, ordonnée par son caractère naturel au bien des conjoints ainsi qu’à la génération et à l’éducation des enfants a été élevée entre baptisés par le Christ-Seigneur à la dignité de sacrement.”
  • Discours de Pie XII aux sages-femmes, le 20 octobre 1951 : “La vérité est que le mariage, comme institution de la nature, en vertu de la volonté du Créateur, a, pour fin première et ultime, non pas le perfectionnement personnel des époux, mais la procréation et l’éducation de la nouvelle vie.” [1]

Si les mots ont un sens, il y a bien eu, de l’un à l’autre, inversion des priorités…

Autre exemple : comment accorder le fait qu’Ecclesia de Eucharistia, l’encyclique de Jean-Paul II, se contente de définir la messe comme un sacrifice de louange sans évoquer son caractère propitiatoire, avec le Canon III du décret sur le saint sacrifice de la messe du concile de Trente (chap. IX de la XXIIe session) qui proclame : “Si quelqu’un dit que le sacrifice de la Messe est seulement un sacrifice de louange (…) et qu’il n’est pas propitiatoire (…), qu’il soit anathème” ?

C’est certainement sur ce type de questions que vont porter les fameuses discussions doctrinales entre la Fraternité St-Pie X et le Saint-Siège. On se gardera de les trancher en lieu et place du magistère. On ne saurait pourtant, sans malhonnêteté, les tenir pour nulles et non avenues. Considérer comme une attitude schismatique le seul fait de les soulever.

Si l’on conteste toute rupture, quelle différence y a-t-il entre les deux rites ? Christophe Geffroy reprend à son compte l’idée que développe le père François Cassingena-Trévedy, bénédictin de Ligugé, professeur de liturgie à l’Institut catholique de Paris, selon laquelle il y a “deux ethos célébratoires” : le mystérique (forme extraordinaire), qu’il rattache au pseudo-Denys, et le “social” (forme ordinaire) qu’il fait remonter à saint Augustin (p. 274). Derrière ce pathos il y a pourtant un aspect de la question que n’aborde pas l’auteur : c’est la protestantisation objective de la liturgie romaine traditionnelle que manifeste le novus Ordo Missæ.

De nombreux protestants se sont exprimés à ce sujet : le frère Max Thurian de Taizé : “Des communautés non-catholiques pourront célébrer la Sainte Cène avec les mêmes prières que l’Église catholique. Théologiquement c’est possible” (La Croix, 30 mai 1969). Mais aussi, officiellement, le consistoire de la Confession d’Augsbourg d’Alsace et de Lorraine : “Il devrait être possible aujourd’hui à un protestant de reconnaître dans la célébration eucharistique catholique la cène instituée par le Seigneur” (Déclaration du 8 décembre 1973).

Aucune de ces déclarations, qui font partie de l’état de la question, ne sont mentionnées par l’auteur [2]. Or, il ne s’agit pas de lubies de protestants exaltés. Bien plutôt de constats fondés sur les transformations du rituel de la messe opérées par le missel de Paul VI. Dans le rite traditionnel, le prêtre fait ainsi, par exemple, une génuflexion d’adoration immédiatement après avoir prononcé les paroles de la consécration, et avant de présenter l’hostie en adoration aux fidèles. Cela manifeste avec évidence l’immédiateté de la transsubstantiation des saintes espèces, du seul fait de l’action du ministre agissant in persona Christi. Dans le novus Ordo, le prêtre ne fait de génuflexion qu’après avoir présenté l’hostie aux fidèles. Cette transformation du rite n’est pas le fait du hasard ou de la négligence. Elle ne témoigne pas de la seule volonté d’alléger la liturgie de marques de respect envers la sainte hostie jugées superfétatoires, excessives. Elle a été pensée, voulue ; elle répond à un but précis puisque les réformateurs ont choisi, parmi toutes les génuflexions qu’ils voulaient supprimer, justement celle-ci. Or le fait est qu’elle crée une ambiguïté avec la conception protestante selon laquelle le Christ ne serait présent que du fait de la foi des fidèles qui assistent à la cérémonie.

La même équivoque peut être relevée à propos de l’acclamation dévolue à l’assistance, dans le nouvel Ordo, après la consécration : “Nous annonçons votre mort, Seigneur (…) jusqu’à ce que vous veniez”. Que peut signifier ce donec venias (jusqu’à ce que vous veniez) au moment où, précisément, le Christ est venu sur l’autel et où il est substantiellement présent ? Il n’est pas faux, sans doute, que les fidèles attendent, dans l’Espérance, le retour eschatologique du Christ. Le leur faire proclamer à cet instant précis ne peut manquer de créer une confusion susceptible de miner la foi dans la présence réelle, substantielle du Christ dans la sainte hostie. On pourrait multiplier les exemples. Ils corroborent, de fait, ce qu’affirmait Jean Guitton, grand ami de Paul VI, au micro de Lumière 101 le 19 décembre 1993 : “L’intention de Paul VI, au sujet de la liturgie, de ce qu’on appelle vulgairement la messe, c’est de réformer la liturgie catholique de manière à ce qu’elle coïncide presque avec la liturgie protestante… avec la Cène protestante”. Le dire n’est pas jeter l’anathème sur tous ceux, prêtres ou fidèles, qui ont cru devoir, en conscience, adopter la réforme liturgique. C’est demander qu’on examine en toute bonne foi les arguments de ceux qui ont, depuis quarante ans, résisté à ce qui leur est apparu comme un ordre illégitime.

Si Dieu seul sonde les reins et les cœurs, ce n’est que sur la réalité regardée en face que nous pourrons bâtir l’avenir. Yves Daoudal dans Reconquête (n°253 de novembre-décembre 2008) a lumineusement rappelé les errements parfois graves qui ont jalonné le cours de l’histoire de l’Église. Observer que la réforme liturgique, à finalités œcuménique et “participative”, a débouché logiquement sur une protestantisation de l’Église catholique, ce n’est pas désespérer de l’Église ni croire que les portes de l’enfer ont prévalu, c’est, plus simplement, s’immerger dans “Le mystère de l’Église” à la fois sainte et immaculée, parce que Dieu y est, mais aussi composée de pécheurs, puisque nous en sommes.

Jean-Pierre Maugendre






Article précédent :
De l’université d’été sur le Mondialisme...
Article suivant :
Lettre d’invitation à la Marche pour la (...)






Mise à jour le 31 août 2009