Association Renaissance Catholique

Agenda

Répondre aux défis du monde moderne - Formation pour les 16 - 25 ans
du samedi 28 octobre au mercredi 1er novembre 2017

Nouveauté


Géographie pour les enfants


L'association

Renaissance Catholique est un mouvement de laïcs qui agit pour la défense de la vie et de la famille et œuvre pour la restauration des valeurs chrétiennes dans la société française.

Lettre d’informations

Adhésion

Abonnement

Don

Renaissance Catholique
13 avenue de la Paix
92130 Issy-Les-Moulineaux

Téléphone : 01 47 36 17 36

nous contacter

 


Démocratie, populisme et Manif Pour Tous

La démocratie montre son vrai visage. Où sont nos voies de salut ? Derrière quel chef ?



Certains s’étonnent, voire se scandalisent, en constatant que le gouvernement de François Hollande ne semble tenir aucun compte, à propos de ses projets de dénaturation du mariage, de l’opposition populaire concrétisée par le million de manifestants du 13 janvier dernier, les 700 000 signatures rassemblées et déposées, sans résultat, au CESE et les 1,4 million de manifestants du 24 mars. C’est n’avoir rien compris à ce qu’est la démocratie moderne.

La démocratie classique est un système politique, parmi d’autres, qui se caractérise par le choix, par voie électorale, des gouvernants par les gouvernés. Dans les sociétés traditionnelles, les gouvernants, issus ou non de l’élection, sont soumis à un ordre qui les dépasse : ce sont les lois éternelles auxquelles Antigone en appelle contre Créon, le Décalogue que le peuple juif a reçu de Dieu en personne sur le mont Sinaï et auquel il ne peut changer un seul iota, les lois fondamentales du royaume auxquelles le roi de France lui-même est soumis.

La démocratie moderne

La démocratie moderne est tout autre chose. Il s’agit d’abord du seul mode de gouvernement considéré par ses promoteurs comme légitime : la démocratie n’est plus un moyen comme un autre de désignation des gouvernants mais un but en soi.
Ensuite, selon l’article 3 de la Déclaration des Droits de l’homme et du citoyen de 1789 : « Le principe de toute souveraineté repose essentiellement dans la nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément. » Nulle autorité n’est légitime hors du processus démocratique.
Enfin, logiquement, elle décide souverainement de ce qui est bien et de ce qui est mal. Il n’existe plus aucune protection contre la volonté dite démocratique, ce qui est la porte ouverte à tous les totalitarismes.


La démocratie serait donc la volonté du peuple exprimée par le vote. Populus locutus est, causa finita est. Le peuple a parlé, la cause est entendue. Si cela était, comment expliquer le mépris dans lequel ont été tenus les résultats des référendums irlandais, français ou néerlandais sur la construction européenne ? Comment expliquer la complaisance internationale dont a bénéficié la junte militaire au pouvoir en Algérie en 1990 écrasant dans le sang, au prix de centaines de milliers de victimes, les islamistes du Front Islamique du Salut assurés de la victoire aux élections municipales alors en cours ?
Il y a à cela une explication simple, que donne Jean-Jacques Rousseau dans Le Contrat Social : « L’homme est un tout parfait et solitaire. » Parfait, il décide lui-même de ce qui est bien et de ce qui est mal. Solitaire, il ne dépend de personne et n’est en aucune manière déterminé par la nature, l’histoire, la langue, le sexe... L’homme démocratique est libéré des préjugés et des fanatismes, selon l’éclairante terminologie de Vincent Peillon, car chacun le sait : « La loi naturelle est fasciste. » Toute la philosophie des Lumières suinte cette haine des « paysans », des « sauvages », des « brigands », des « fanatiques », des « barbares »… La volonté du peuple qui doit être respectée est celle de l’homme démocratique absolument libre de tout conditionnement extérieur.

Le populisme

Le vote qui s’oppose aux vents supposés dominants de l’Histoire qui sont ceux du métissage généralisé, par refus des identités ethniques et raciales, ceux d’une liberté sans frein, par refus de toute notion de bien commun et de vérités transcendantes, et ceux d’un « constructivisme » débridé, par refus de la reconnaissance d’un ordre naturel des choses, n’est pas considéré par les puissances dominantes comme un vote démocratique mais comme une protestation « populiste ».
« One man, one vote », cela est bon pour la galerie mais « la vérité est ailleurs ». Elle est dans le constat désabusé qu’exprimait François Furet dans son célèbre ouvrage, Penser la Révolution française : « Il y a dans tout pouvoir démocratique une oligarchie cachée à la fois contraire à ses principes et indispensable à son fonctionnement. »
Concrètement, dans les actuels débats sur la dénaturation du mariage et loin des artifices pseudo-démocratiques, la personnalité la plus cohérente est sans doute le rapporteur socialiste du projet de loi au Sénat, Jean-Pierre Michel, qui affirme : « Le fondement du juste est le rapport de forces. » En face de lui se place une foule déterminée et motivée dont les représentants semblent évoluer dans un monde de bisounours festif et ludique. Mais la vocation des « forces de progrès » a toujours été de faire accoucher, dans la douleur si nécessaire, les sociétés conservatrices figées dans leurs préjugés et leurs croyances superstitieuses.

Des manifestants sans chef ni revendication claire

En 1949, Mgr Cazaux, évêque de Luçon, en avait appelé à la grève de l’impôt face à des mesures gouvernementales portant atteinte au financement public des écoles privées. Deux années plus tard, la loi Barangé, accordant des crédits à l’enseignement catholique, était votée. Les dirigeants de La Manif Pour Tous disposent, avec la bienveillance de l’épiscopat français, d’une masse de manœuvre de plusieurs millions de personnes, ce qui est considérable. Dans le rapport de forces actuel qu’est-ce qui pourrait faire reculer le gouvernement ?

D’abord la crainte de perdre les prochaines élections. Dans ce cadre, ne peut être efficace qu’une action de mobilisation et de médiatisation des élus et des populations acquises à l’actuelle majorité mais en désaccord avec elle sur ce sujet. Les populations d’Outre-Mer et celles « issues de la diversité » sont à cet égard bien plus importantes que le lobby homosexuel qui, numériquement, ne représente rien électoralement.
Donner la parole à Nestor Azerot, député apparenté communiste de la Martinique et courageux opposant au mariage homosexuel, est mille fois plus important que de laisser s’exprimer Xavier Bongibault, caution homosexuelle de La Manif Pour Tous. Que Marie-Chantal déploie sa banderole Un papa, une maman à Courchevel après l’avoir déployée à Versailles est très sympathique mais reste anecdotique. En revanche, systématiser un harcèlement démocratique sur le thème : pas de déplacement de ministre, voire du président de la République, sans un comité d’accueil ad hoc, devrait rapidement énerver nos excellences à cocarde totalement déconnectées de la réalité politique et sociale de notre pays.

Menacer également de la crise institutionnelle en martelant que les maires, maires-adjoints et conseillers municipaux qui refuseront de célébrer ces pseudo-mariages homosexuels ne démissionneront en aucun cas et sont prêts à assumer toutes les conséquences juridiques et pénales de leurs choix afin de ne pas se soumettre à la « force injuste de la loi » : il y aura des procès, des procédures d’appels, in fine la Cour européenne des Droits de l’homme.
Tout cela ne peut être mobilisateur qu’autour de la revendication du retrait pur et simple du projet de loi ouvrant le mariage aux paires homosexuelles. Ce projet idéologique manifeste la dérive totalitaire d’un pouvoir haineusement antichrétien que ne feront reculer ni les flonflons ni les ballons. Cette lutte exige un chef et une vraie volonté de se battre. Au siècle dernier, le général de Castelnau, « le capucin botté », se dressa à la tête de la Fédération Nationale Catholique contre le cartel des Gauches, vainqueur des élections de 1924 qui voulait remettre en vigueur la législation anticléricale tombée en désuétude après la guerre. Il aurait dû être maréchal de France, trois de ses fils étaient morts à la guerre… Après des mois de luttes (2 morts et 168 blessés à Marseille le 9 février 1925), de manifestations (le 15 juin 1925, 10 000 manifestants défilaient sur les Champs-Élysées, précédés par 500 prêtres et religieux de la Drac (Droits des Religieux Anciens Combattants) menés par son fondateur Dom Moreau, de pèlerinages, de conférences où s’illustrèrent le père Doncœur, Philippe Henriot, l’abbé Bergey la gauche renonça. Les religieux ne reprirent pas la route de l’exil !

Aujourd’hui n’émerge qu’une « saltimbanque déjantée » qui se manifeste de plus en plus comme une simple courroie de transmission de l’UMP n’ayant qu’une crainte : être assimilée à la droite nationale ou à l’Église catholique. Ainsi, lors de la manifestation du 24 mars, les orateurs balayaient le spectre politique de l’UMP à l’extrême-gauche trotskyste, les élus du Front National devant se contenter de faire de la figuration silencieuse. En ce qui concerne les représentants des religions, on donna la parole à un juif, un protestant et un musulman mais à aucun évêque catholique, même si le président des AFC (Associations Familiales Catholiques) pu s’exprimer.

Se disposer vraiment pour le combat

Or il nous faut comprendre que se déroule sous nos yeux une nouvelle étape de la véritable guerre menée depuis deux siècles contre l’identité de la France et sa vocation chrétienne.
C’est la guerre, et l’on a le sentiment qu’une sympathique famille de flamants roses s’étonne de voir une équipe de vieux crocodiles ne pas obtempérer à sa demande, polie, de quitter le marigot qu’elle vient d’envahir ! Que la police gaze des femmes et des enfants lors de la manifestation du 24 mars est profondément scandaleux mais dans la logique du système qui a généré et justifie toujours, par son silence, les colonnes infernales en Vendée. L’État socialiste en est à chercher à faire passer Christine Boutin pour une activiste d’extrême-droite. Monsieur Valls est plus efficace contre les familles de France que contre les bandes qui mettent en coupe réglée les banlieues ethniques.

Les désobéissances civiles auxquelles appelèrent en Inde le Mahatma Gandhi, aux États-Unis Martin Luther King et en Pologne le syndicat Solidarité ne furent pas des parties de plaisir festives et ludiques. Il y eut, dans tous les cas, des milliers de jours de prison, des morts… Qui est prêt aujourd’hui à se lancer dans un combat de cette nature ?
Napoléon qui s’y connaissait en hommes affirmait : « J’ai plus à craindre de 100 moutons menés par un lion que de 100 lions menés par un mouton. » Le combat mené par la Manif Pour Tous nous remet inéluctablement cet aphorisme en mémoire. L’inénarrable Raffarin est même venu sur le podium, le 24 mars, appeler la population au calme. Il est tout autant dans le déni de réalité que ses homologues socialistes qui ne perçoivent pas l’exaspération qui monte du peuple de France. Un peuple inquiet pour son avenir matériel, en quête d’une identité qu’il a du mal à définir mais qu’il sent disparaître, blessé et meurtri par la morgue et la suffisance d’une élite autoproclamée d’idéologues concussionnaires et jouisseurs.

Le gouvernement de François Hollande mène notre pays à la ruine financière, le livre aux pouvoirs des lobbies, le désarme dans un monde toujours dangereux et le conduit à une déstructuration sociale sans précédent. Sans illusion pour autant sur les réelles convictions de l’appareil politique de l’actuelle opposition notre mot d’ordre de salut public doit être : Taubira débarras – Valls trahison – Hollande démission.

Jean-Pierre Maugendre

N.B.  : Sur le général de Castelnau, lire la biographie du général Yves Gras, Castelnau ou l’art de commander - 1851-1944, chez Denoël.

Photo « La ballerine rose » : Copyright David Sellos / Minute






Article précédent :
Manifeste du 22 mars
Article suivant :
Les Droits de l’homme et la souffrance des (...)





Commentaires

Démocratie, populisme et Manif Pour Tous

par christiancts, le 2013-04-22 22:50:36

Cher Jean-Pierre, prenant tardivement connaissance de votre article, je ne peux que dire qu’aujourd’hui le combat (le débat...) adopte le bon niveau : le politique. Reconnaissons à la « folle dingue » le mérite d’une certaine impulsion, plus ou moins manipulable, mais profitons-en. Alors, grâce à vos conférences, universités,... etc, entre autres, nous sommes conscients que l’histoire nous apprend son sens : celui du Bon Dieu. Et maintenant, après une « descente aux enfers » terrible (contraception, avortement, Caïn, les Saints Innnocents, De Gaulle et autres génocides vendéens, tout cela par la « démocratie »), l’Espérance règne. Nos jeunes sont remarquables de saine réaction (peut-être est-ce parce que nous les avons élevés, ceci dit en toute humilité), la lutte contre le Système doit être systématique d’abord par la prière, puis par la réalité à faire reconnaître. Notre Pape ne craint pas de parler du démon. Soyons donc, tout étant fidèle à notre devoir d’état, à la tête de notre bon peuple de France dont la première caractéristique est d’être catholique dans ses racines, et la seconde d’être « gaulois », c’est-à-dire plein de bon sens... et de contradictions exaspérantes ! Allons donc dans ce sens de l’histoire... , qui n’existe pas, mais que nous essayons de mettre « ad Orientem ». Merci encore pour votre action. Cordialement et charitablement, CTS


Mise à jour le 29 mars 2013