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Extrait de la revue n°108

Éducation nationale ou corruption générale ?

Même largement banalisé et dévalorisé (86% de réussite au bac général en 2009, soit 66% d’une classe d’âge), le baccalauréat reste un point de passage obligé pour accéder à l’enseignement supérieur et un des rares rites initiatiques qui marquent encore le passage dans le monde adulte.

Tout le monde s’est habitué à cette institution plus que bicentenaire (instituée le 17 mars 1808) qui confère à la puissance publique et à l’État les clés d’accès à l’enseignement supérieur car c’est lui qui fixe le contenu des programmes et la nature de l’épreuve. Cet état de fait, largement accepté, est une des manifestations les plus flagrantes du caractère totalitaire, depuis longtemps, de la société dans laquelle nous vivons. En effet, de droit naturel et surnaturel, il n’est nullement de la responsabilité de l’État de régenter l’instruction ni, a fortiori, l’éducation des enfants. Cette responsabilité incombe d’abord aux parents qui délèguent leur autorité à qui ils le souhaitent, faisant confiance à des institutions compétentes pour transmettre un savoir qu’ils ne possèdent pas eux-mêmes. La première mission de l’école est une mission d’instruction puis d’éducation, dans le prolongement des choix pédagogiques des parents. Ces réflexions, pourtant banales, sont aujourd’hui bien peu partagées. L’État se veut éducateur et qui plus est éducateur selon les principes fondateurs de la République : Liberté (sauf pour les ennemis de la liberté), Égalité (même si certains sont plus égaux que d’autres comme le manifeste la différence de traitement médiatique et politique à la suite des actes de vandalisme perpétrés à Toul contre une église et son desservant puis une mosquée), Fraternité (de père inconnu et de mère trop connue : une Marianne à la poitrine opulente tenant plus de la tricoteuse exaltée que de la fée du logis) sans oublier la laïcité, état où l’homme se fait tout à la fois roi et Dieu.

La neutralité de l’État est, comme celle de l’enseignement, une impossibilité pratique. Il y a toujours des principes et des valeurs qui sous-tendent les choix politiques et pédagogiques, car la vie n’est pas neutre. Le ministère de l’Éducation nationale, co-géré depuis des lustres par le ministre et les organisations syndicales, est tout imprégné de sa mission de former de bons républicains et de formater les jeunes esprits selon les normes du politiquement correct.

Ainsi, en juin 2005, les élèves de Première candidats au bac littéraire s’étaient vus proposer, dans le cadre de l’épreuve obligatoire de sciences de la vie et de la terre, un article du Monde à partir duquel ils devaient “dégager des arguments en faveur de l’autorisation légale de l’IVG en France”. Imagine-t-on à la place un sujet basé sur un article d’une revue scientifique : “Dégager les arguments qui mettent en évidence la contradiction entre l’aspiration écologique à un retour à la nature et l’usage universel de la pilule contraceptive qui dérègle les cycles naturels de reproduction chez la femme. Vous étudierez les relations entre usage de la pilule contraceptive et développement des cancers du sein et de l’utérus.” ?

Le Bulletin Officiel de l’Éducation nationale du 9 avril 2009 nous apprend que pour les deux années à venir l’œuvre unique sur laquelle portera l’épreuve de latin de la série littéraire sera L’Art d’aimer d’Ovide. Ce qui est bien dans la continuité en classe de Terminale de l’étude des Liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos et la vision du film éponyme de Stephen Frears au programme des années académiques 2008-2009 et 2009-2010 pour toutes les classes de Terminale. Cependant, autant il était possible de faire l’impasse sur Les liaisons dangereuses en étudiant les autres ouvrages proposés : Roméo et Juliette de Shakespeare, Les Pensées de Pascal ou Le Guépard de G. Tomasi, autant l’impasse ne sera plus possible pour L’Art d’aimer d’Ovide, œuvre unique au programme.

Ovide (43 avant J.-C., 17 après J.-C) est indiscutablement un grand auteur classique de la période augustéenne, l’âge d’or des poètes latins, également bien connu pour Les Métamorphoses. Son Ars amatoria est singulièrement réducteur car l’amour y est réduit à la sensualité. On a pu dire que l’œuvre d’Ovide était d’une “souriante immoralité”, traitant des sujets les plus scabreux d’“un élégant demi-mot” (Sylvie Laigneau in Les Amours, L’Art d’Aimer). Il s’agit en fait d’un manuel que l’on pourrait qualifier de cynégétique dont la proie est la femme dont il s’agit d’obtenir les faveurs, si possible de son plein gré, sans cela par la violence : “Cette violence est agréable aux femmes ; ce qu’elles aiment à donner, souvent elles veulent l’accorder malgré elles. Une femme, prise de force brusquement par un vol amoureux, s’en réjouit ; cette insolence vaut pour elle un présent. Mais celle que l’on pouvait forcer, et qui se retire intacte, peut bien affecter la joie sur son visage ; elle sera triste. Phébé fut violée, sa sœur fut victime d’un viol ; l’une et l’autre n’en aimèrent pas moins celui qui les avait prises”. Quand la poésie latine vient au secours des tournantes de banlieue ! La morale (d’aujourd’hui !) reste sauve cependant puisque l’auteur nous confie : “Je trouve moins d’attraits à aimer les petits garçons”.

Classique de la littérature érotique cet Art d’aimer dont “l’élégant demi-mot” (de “la posture du cavalier” à “l’endroit que la femme aime à sentir caressée”) promet des explications de texte où le salace le disputera à l’obscène. Est-il opportun d’apporter à des adolescents en découverte de leurs sens, qui certes généralement en ont vu d’autres, la caution de l’autorité enseignante à un libertinage généralisé promu en idéal de vie ? L’œuvre d’Ovide fait incontestablement partie du patrimoine intellectuel et littéraire de l’Occident et constitue également un témoignage sur une époque. Cependant, sa lecture par des adolescents peut avoir des effets dévastateurs, car réduire l’amour à la simple satisfaction des sens est une mystification lourde de conséquences dans un monde sans repères où la majorité des enfants naît hors mariage et où un enfant sur trois ne voit jamais son père. Il y aurait pourtant tellement à dire sur l’amour conjugal, l’amour filial, l’amour de la patrie, l’amour de Dieu… C’est donc à une action délibérée de corruption des adolescents et d’incitation à la débauche que se livre le ministère de l’Éducation nationale. La femme est réduite à la condition de gibier, pourvoyeuse de plaisirs sensuels. Que font “les Chiennes de garde” ?

Que pouvons-nous faire ? Les premières personnes concernées sont, bien sûr les parents des élèves qui seront astreints à cette épreuve. Chacun peut demander au Ministre le retrait de L’Art d’aimer d’Ovide comme seule œuvre au programme pour l’épreuve écrite du baccalauréat, cela au nom de la réduction de la liberté de choix pour les professeurs que constitue l’existence d’une œuvre unique obligatoire et en raison de la nature pornographique du texte en question :
M. Luc Chatel, ministre de l’Éducation nationale, Hôtel de Rochechouart 110, rue de Grenelle 75007 Paris. On peut aussi informer :

  • son évêque diocésain en lui demandant ce qui va se passer dans les établissements scolaires qui dépendent de lui,
  • les associations locales de défense de la famille (AFC, …),
  • son député, surtout s’il appartient à la majorité présidentielle
  • les responsables des établissements scolaires concernés
  • la presse locale ou nationale à laquelle chacun peut avoir accès

Il est également possible d’écrire (sans affranchir) à M. Nicolas Sarkozy, Palais de l’Élysée 55, rue du faubourg Saint-Honoré 75008 Paris. De son côté, la Fraternité Saint-Pie X lance une pétition sur Internet (http://www.deficulturel.net/).

Les élections régionales approchent… Les naïfs qui ont voté pour l’actuel président de la République lors de la dernière élection présidentielle pourront opportunément se rappeler à son bon souvenir. Cette attaque contre l’institution naturelle du mariage et les valeurs de fidélité et d’amour authentique, au sens ou aimer l’autre, c’est vouloir son bonheur, ne doit pas rester sans réactions. L’Art d’aimer selon Ovide est la caricature de l’amour.

Réagir est un devoir ! Il en va de la pureté de nos enfants, de l’équilibre de la société, de l’honneur du véritable Amour et de la dignité de ce sacrement dont Notre Seigneur nous a dit qu’il était grand.

J.-P.M.

Pour pouvoir suivre ce dossier, nous vous remercions de nous transmettre une copie des lettres que vous enverrez avec les réponses que vous aurez reçues.


Parlons d’amour

Réduire l’amour au plaisir sensuel serait “mettre l’infini à la portée des caniches” (Louis-Ferdinand Céline). La littérature propose de très nombreux textes qui donnent une autre dimension à l’amour, c’est pourquoi nous proposons des pistes de lecture pour cultiver, dans d’autres domaines que ceux prisés par Ovide, l’art d’aimer.

  • Amour et fidélité : Deux œuvres qui ne nient pas la complexité de la vie affective mais présentent le renoncement comme un dépassement de soi : La Princesse de Clèves ou le choix de la vertu, Madame de Lafayette (pour des raisons mystérieuses N. Sarkozy n’aime pas ce texte qu’il n’a sans doute pas lu) et Le Lys dans la vallée ou le choix de la fidélité, Balzac. Inversement, l’infidélité conduit au vide et à la mort (cf. Madame Bovary de Flaubert)
  • Amour conjugal et bonheur simple : Pagnol : La gloire de mon père, Le château de ma mère, Le temps des secrets
  • Amour paternel et amour maternel : En extraits, Lettre de Gargantua à Pantagruel, Rabelais ; Chapitres sur son éducation dans Les Essais, Montaigne. Mémoires d’Outre-Tombe, Chateaubriand (son enfance à Combourg et la transmission des valeurs). Andromaque, Racine ; Lettres, Madame de Sévigné
  • Amour filial : Iphigénie, Racine ; Le Livre de ma mère, Albert Cohen ; Sido, Colette
  • Amour fraternel : Héraclius, Corneille
  • Amour du prochain : L’homme-qui-rit et Les Misérables de Victor Hugo
  • Amour de la patrie et du devoir : La chanson de Roland ; Horace, Corneille ; Bérénice, Racine ; Ruy Blas, Victor Hugo (exaltation romantique de l’amour qui conduit au sentiment du devoir envers la patrie). Poésies : En regardant vers le pays de France, Charles d’Orléans ; Adieux à la Meuse, Péguy
  • Sur l’analyse de l’amour comme passion : Traité des passions, Descartes ; Les Pensées, Pascal (Amour et amour de soi)
  • Amour de Dieu : Histoire de Saint Louis, Joinville ; Chroniques, Froissart ; Perceval, Chrétien de Troyes ; Cantique spirituel, Saint Jean de la Croix ; Sermons et oraisons funèbres, Bossuet ; Polyeucte, Corneille ; En route, La cathédrale, L’oblat, Huysmans (sa conversion) ; Le Dialogue des carmélites, Bernanos ; Frère François, Julien Green ; Le Retournement, Vladimir Volkoff ; Narcisse et Goldmund, H. Hesse. Œuvres poétiques : Sagesse de Verlaine et écrits de Francis Jammes, Péguy, Claudel, Max Jacob, Pierre Jean-Jouve. Il n’y a que l’embarras du choix...





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Mise à jour le 1er octobre 2009