Association Renaissance Catholique

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à Grand’Maisons (Villepreux, Yvelines), dimanche 10 décembre de 11h à 19h.

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Renaissance Catholique n° 148


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Éditorial de la revue Renaissance Catholique n° 109

L’Église et l’immigration

L’histoire a ses lois, aussi implacables et incontournables que celles de la matière. Parmi celles-ci, depuis la nuit des temps, il est écrit que les zones riches (ou réputées telles) de basse pression démographique sont une proie bien tentante pour les populations issues des zones pauvres de haute pression démographique. Ce transfert de population s’opère soit pacifiquement, soit violemment. Ainsi, les barbares franchissent pacifiquement le limes avant, un jour, de subvertir Rome. De même du XVIe au XXe siècle, l’Amérique voit affluer un flot continu d’Européens chassés de leurs pays par la famine, la misère, la guerre ou la persécution religieuse. Les malheureux Amérindiens sont, quant à eux, exterminés ou parqués dans des réserves.

À l’époque contemporaine, la pensée du Magistère semble avoir sensiblement évolué. Léon XIII dans Rerum Novarum (15 mai 1891) pose un constat : « Personne ne consentirait à échanger contre une région étrangère sa patrie et sa terre natale, s’il y trouvait les moyens de mener une vie plus tolérable. » Plus tard Pie XII mettra en garde contre les égoïsmes nationaux, rappelant la destination universelle des biens de la terre. Il écrit aux évêques américains en 1948 : « La domination de chaque nation, bien qu’elle doive être respectée, ne peut être envisagée au point que, si un endroit quelconque de la terre offre la possibilité de faire vivre un grand nombre d’hommes, on n’en interdira pas, pour des motifs insuffisants, et pour des causes non justifiées, l’accès à des étrangers nécessiteux et honnêtes, sauf s’il existe des motifs d’utilité publique à peser avec les plus grand scrupule ». Vingt ans plus tard, ces restrictions « aux motifs d’utilité publique » auront disparu de l’encyclique de Paul VI écrite en 1967, Populorum Progressio. En effet, le § 69 affirme que « le même accueil est dû aux travailleurs immigrés qui vivent (…) dans des conditions souvent inhumaines » sans traiter des difficultés générées pour les pays d’accueil. Toute une génération de laïcs et de clercs s’engouffre dans la brèche.

À l’occasion de l’élection présidentielle de 2007, la conférence des évêques de France publie la déclaration « Qu’as-tu fait de ton frère ? » qui, sous couleur de tenir la balance égale entre les parties est, en fait, un appel, quasiment sans limite, à accueillir toute la misère du monde au nom d’une charité compassionnelle étrangère au bien commun des pays d’accueil. De ce bien commun, il avait pourtant été question au § 2241 du Catéchisme de l’église catholique : « Les nations mieux pourvues sont tenues d’accueillir autant que faire se peut l’étranger en quête de la sécurité et des ressources vitales qu’il ne peut trouver dans son pays d’origine. Les pouvoirs publics veilleront au respect du droit naturel qui place l’hôte sous la protection de ceux qui le reçoivent.

Les autorités politiques peuvent en vue du bien commun dont elles ont la charge subordonner l’exercice du droit d’immigration à diverses conditions juridiques, notamment au respect des devoirs des migrants à l’égard du pays d’adoption. L’immigré est tenu de respecter avec reconnaissance le patrimoine matériel et spirituel de son pays d’accueil, d’obéir à ses lois et de contribuer à ses charges. »

Dans Caritas in Veritate, Benoît XVI demande de « sauvegarder les exigences et les droits des personnes et des familles émigrées et, en même temps, ceux des sociétés où arrivent ces mêmes immigrés » (§62). C’est le bon sens. Cela d’autant plus que ces nouveaux immigrés sont de plus en plus nombreux à être étrangers à notre civilisation –comme on peut le lire sous la plume de Houria Bouteldja sur le site des Indigènes de la République : « Aussi douloureux que cela puisse être ressenti par les écorchés du drapeau et les thuriféraires d’une France éternelle et gauloise, nous transformons la France. En d’autres termes, elle s’intègre à nous (…) Notre simple existence, doublée d’un poids démographique relatif (1 pour 6) africanise, arabise, berbérise, créolise, islamise, noirise la fille aînée de l’église, jadis blanche et immaculée, aussi sûrement que le sac et le ressac des flots polissent et repolissent les blocs de granit aux prétentions d’éternité. »

Les immigrés qui, il y a un siècle, rêvaient de devenir Français se sentent et se veulent, pour beaucoup d’entre eux, aujourd’hui étrangers au destin historique du pays qui les accueille. Il est à craindre que tout cela ne finisse bien tragiquement, les pouvoirs publics refusant, pour des raisons idéologiques, d’agir sur les trois seuls moyens de couper les pompes aspirantes de l’immigration :

  • relancer la natalité française,
  • réserver les aides sociales et familiales aux nationaux français,
  • rendre à leurs pays respectifs les cadres nationaux (médecins, ingénieurs…) sans lesquels aucun développement ne sera possible.

Il y faudrait plus qu’un changement de politique : une véritable conversion.

Jean-Pierre Maugendre






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Mise à jour le 14 janvier 2010