Association Renaissance Catholique

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26e Fête du Livre, dimanche 10 décembre
à Grand’Maisons (Villepreux, Yvelines), dimanche 10 décembre de 11h à 19h.

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Renaissance Catholique n° 148


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Editorial

L’avenir nous appartient

par Jean-Pierre Maugendre

Une nouvelle génération se lève, portée par de nouveaux idéaux.


La démocratie totalitaire

Les enfants de mai 68 ont la gueule de bois !
Pourtant ils ont aujourd’hui entre leurs mains tous les pouvoirs. Il y a quarante-cinq ans, un monôme d’étudiants boutonneux imposait de nouveaux paradigmes à une France étriquée et réduite, modeste hexagone sans gloire malgré les rodomontades de son Guide. Une civilisation plusieurs fois millénaire, fille d’Athènes, Rome et Jérusalem ployait sous les assauts d’une jeunesse désireuse d’enfin « jouir sans entrave ». Les épousailles, fort peu mystiques, du libertarisme moral et de la finance apatride ont produit les fruits que chacun peut observer : Dominique Strauss-Kahn, à la fois président du FMI, candidat du PS à l’élection présidentielle française et amateur de « parties fines », Jérôme Cahuzac ministre socialiste du budget, pourfendeur de la fraude fiscale et… fraudeur en délicatesse avec le fisc, le pouvoir exécutif détenu par un homme qui ne s’est jamais marié, a eu quatre enfants de sa compagne de trente ans pendant qu’il en concevait un autre avec sa maîtresse d’alors avant d’en imposer une nouvelle encore à l’Élysée. Pingouin peut-être, chaud lapin sûrement.
Le système électoral a réussi ce tour de force de permettre aux écologistes de remporter 17 sièges à l’Assemblée dite « nationale » avec 5 % des suffrages exprimés, tandis que le FN n’obtenait que 2 élus avec 14 % des suffrages. Vous avez dit démocratie représentative ?
Une bonne partie de la magistrature poursuit un projet politique liberticide et totalitaire. Sur le « mur des cons » mis en place par le Syndicat de la magistrature, après le nom du général Schmitt, coupable de s’être scandalisé qu’un récidiviste étranger ait pu tuer sa fille Anne-Lorraine, sans doute faudrait-il ajouter tous les participants à La Manif Pour Tous ? On notera, sans surprise, que si les condamnations commencent à tomber sur les manifestants contre la dénaturation du mariage, il n’y a aucune nouvelle des exhibitions et agressions des Femen le 18 novembre 2012 contre Civitas ou le 12 février 2013 à Notre-Dame de Paris. Pas de nouvelles non plus des policiers gazeurs du 24 mars. Quant à Redoine Faïd, un mois après son évasion spectaculaire de la prison de Sequedin, il court toujours.
L’immense majorité des médias soutient sans états d’âme le Gouvernement dans ses mensonges sur les nombres des manifestants, renchérissant sur la « radicalisation » des opposants… À ce propos, combien de policiers ont été blessés depuis le début des manifestations il y a six mois ? À ma connaissance, pas un seul ! La gauche hurle au « complot fasciste », multiplie les interpellations et les gardes à vue pour « délit de bonne gueule », gaze les femmes et les enfants comme si une manifestation de dix mères de famille avec leurs poussettes était le prodrome d’une nouvelle marche sur Rome !
Le pouvoir en place ne contrôle plus que l’appareil d’État et ses relais médiatiques, ou l’inverse. Ce qui reste de classe ouvrière vote Front National. Les entrepreneurs qui assurent la prospérité, relative, de notre pays découvrent à l’occasion du strip-tease patrimonial de nos ministres que pas un seul n’a souhaité investir de manière significative dans des actions qui financent le développement des entreprises. Les héritiers de mai 68 ne peuvent plus se déplacer sans être protégés par des pelotons de gendarmes mobiles ou des compagnies de CRS. Heureusement, le ridicule ne tue plus.

Un pouvoir de moins en moins légitime

Si l’autorité légitime est celle qui, en fait, assure le bien commun d’une manière durable dans l’ordre et dans la paix, il faut bien convenir que les autorités politiques en place répondent de moins en moins à cette définition. L’autorité morale de l’État laisse de plus en plus la place à la simple contrainte. Le gouvernement de droit est en train de devenir un gouvernement de fait, une dictature totalitaire au service d’oligarchies aussi minoritaires que sectaires.
L’imprévu en histoire, comme l’a opportunément souligné Dominique Venner, n’est pas un vain mot mais une réalité. Qui aurait imaginé il y a six mois que la résistance à la dénaturation du mariage revêtirait cette ampleur et encore plus perdurerait dans le temps ? On peut y voir la résistance d’un peuple blessé qui ne veut mourir. La France « bien élevée » qui fait fonctionner notre pays car elle travaille, paie ses impôts et a des enfants, vient de prendre conscience que sa disparition était largement programmée depuis longtemps. Les valeurs affichées par nos gouvernants sont des utopies mortifères, en complet décalage avec la réalité que vivent les braves gens qui se sont opposés à la loi Taubira et continuent à le faire alors que la loi a été votée. Comment un ministre socialiste ou un parlementaire « libéral » peut-il comprendre ce qui inconsciemment anime la résistance de tout un peuple et qu’a si bien mis en forme un des témoins majeurs de notre époque Hélie Denoix de Saint Marc : « Les barbares auront triomphé quand il n’y aura plus personne pour défendre, jusqu’au bout, une idée, une vision qui dépasse son propre intérêt. » Contre ces barbares, l’Église de France s’est levée. Oh bien sûr, peu d’évêques étaient présents dans la rue mais c’est l’appareil ecclésial, paroisses et AFC, qui a assuré le succès des manifestations des 13 janvier et 24 mars, rendant de plus en plus dérisoire et acrobatique le discours de l’égérie de La Manif Pour Tous célébrant hier la beauté des amours homosexuelles et aujourd’hui la légitimité du Contrat d’union civile pour les couples homosexuels. À l’instar de Nicole Fontaine en son temps, elle a très probablement déjà gagné sa place d’éligible sur les listes UMP aux élections européennes de 2014.


Ceux qui auraient souhaité que l’Église de France s’engageât plus vigoureusement encore ne doivent pas oublier d’où elle revient. Citons pour mémoire le silence absolu de l’épiscopat français lors de la dépénalisation de l’avortement en 1975 ou la Déclaration commune contre le racisme et pour le pluralisme de la société signée en 1984 par l’ensemble des dirigeants des religions présentes en France et toutes les obédiences maçonniques. À l’occasion de La Manif Pour Tous, plus de cinquante évêques sont intervenus dans leurs bulletins diocésains afin d’appeler à manifester. Monseigneur Aillet twitte tranquillement au lendemain du vote à l’Assemblée : « Non à la loi Taubira. Non à l’union civile. Tenez bon. » « Un évêque parle », c’est déjà beaucoup. D’autres aussi ont parlé contre cette loi injuste qui n’est donc pas une loi. Contrairement au cardinal Barbarin nous ne croyons pas, cependant, que la dimension sociale de notre foi soit uniquement un « tout petit point minime de désaccord » avec le ministre Manuel Gaz. Il nous semble au contraire qu’il s’agit d’un point majeur de désaccord.

Une divine surprise

Une jeunesse s’est levée qui n’hésite pas à remettre en cause l’esprit de mai 68 et à vivre des valeurs de la loi naturelle et de l’Évangile. Pierre Bergé, milliardaire et homosexuel, copropriétaire du Monde et donc arbitre des élégances intellectuelles, incarne à la caricature une gauche qui meurt, sans enfant, crispée sur ses avoirs, alors que se dresse contre cette vieillesse du monde (il a 82 ans) une jeunesse qui parle, elle, d’être et non d’avoir. Les « veilleurs » veillent et, dans le silence de leurs cœurs, résonnent à leurs oreilles les seuls mots qui donnent un sens à une vie : honneur, patrie, fidélité, famille, amour, dévouement, valeur, autorité, travail… C’est autre chose qu’un discours de fin de banquet républicain ! Inconsciemment unis dans une même compassion pour la France, ces jeunes aux parcours différents font voler en éclat les cloisons, voire les barrières, que leurs parents avaient bâties entre eux. Au-delà de leurs différences, ils se sentent unis sur l’essentiel, habités des mêmes idéaux. Une communauté d’agir se crée, porteuse d’espérance pour notre patrie, même si les vieux crocodiles, les professionnels de la politique, droite et gauche confondues, unis par les mêmes complicités maçonniques, ont organisé au Sénat, comme aux meilleurs temps du bolchevisme, le vote à main levée le 12 avril de la loi dénaturant le mariage.
Cette insurrection bénéficie de l’allant de la jeunesse et de la force de la vérité, mais elle doit aussi, pour porter tout le fruit espéré, s’astreindre à une connaissance approfondie de cette vérité. La conscience n’est pas la lumière, elle est l’œil qui regarde la lumière. Cette jeunesse généreuse, ardente et courageuse, profondément marquée par les charismes différents de Jean-Paul II et de Benoît XVI, mérite de trouver et de rencontrer les pasteurs spirituels, les maîtres intellectuels, les chefs temporels qui étancheront sa soif d’absolu dans la radicalité de l’Évangile et la fidélité à sa loi d’amour et de vérité. « C’est la fièvre de la jeunesse qui maintient le reste du monde à la température normale. Quand la jeunesse se refroidit, le reste du monde claque des dents. » (Georges Bernanos, Les grands cimetières sous la lune.)

Jean-Pierre Maugendre






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Mise à jour le 21 mai 2013