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Revue, Mars / Avril 2012



Extrait de la revue n°121

La France va-t-elle disparaître ?

Éditorial de Jean-Pierre Maugendre



Quelle histoire ! Vladimir Volkoff aurait-il osé imaginer un tel roman ?

A un mois et demi d’une élection présidentielle particulièrement disputée, un tueur « fou » sème la mort. En moins d’une semaine dans le sud de la France, trois parachutistes d’origine maghrébine sont froidement abattus par un tireur isolé. Quelques jours plus tard, dans une école juive c’est un rabbin et trois enfants qui sont assassinés. Existe-t-il un lien entre ces deux affaires ? Nul ne le sait. Les médias, immédiatement, dénoncent le « climat de haine et d’intolérance » qui serait à l’origine de telles horreurs. Les hommes politiques de gauche et du centre mettent en cause la politique du président sortant, porte-étendard de la droite libérale, fustigeant sa récupération des thèmes de l’extrême droite sur l’identité nationale, le contrôle de l’immigration etc. Les juges explorent en priorité la piste d’anciens militaires accusés de sympathies néo-nazies. Une grande manifestation est annoncée à l’initiative des responsables des communautés juives et musulmanes afin de protester contre ces actes indubitablement racistes eu égard aux spécificités des personnes assassinées.

Patatras ! En quelques jours tout s’effondre.

Parmi les militaires tués il y a un kabyle converti au christianisme. L’unique tueur en série se révèle être un jeune Français d’origine algérienne qui après avoir fait ses classes au Pakistan et en Afghanistan a décidé de mener le djihad à domicile. Identifié puis cerné par les forces de sécurité, le forcené est abattu. Immédiatement, la grande manifestation prévue contre le racisme est annulée. Des intellectuels musulmans s’évertuent à expliquer que les motivations du tueur n’étaient absolument pas religieuses. Il s’agit uniquement d’une réaction face à un climat général de « marginalisation » et d’« injustice sociale » générateur d’« anxiété », dont est responsable la société française qui ne donne pas leur chance aux jeunes issus de l’immigration. L’ensemble de la classe politique lance des appels au calme, à la dignité, au refus de la stigmatisation de certains en raison de leur religion, met en garde contre d’éventuels amalgames entre un criminel, certes musulman, et l’Islam qui reste, fondamentalement, une « religion de paix et d’amour. » Le père du tueur qui vit en Algérie, et ne s’est jamais occupé de son fils, se manifeste et annonce d’une part qu’il va porter plainte contre la France et d’autre part qu’il souhaite que l’enterrement de son fils n’ait pas lieu en France mais aux environs de Médéa. Les victimes juives sont quant à elles enterrées en Israël.

La campagne électorale

Pendant ce temps la campagne électorale se poursuit. Aucune « manifestation citoyenne » d’ampleur nationale n’est organisée reprenant des slogans anciens : « Un drapeau, trois couleurs » faisant référence à la diversité ethnique des membres de l’Empire colonial français, ou actualisés : « Islamistes hors de France ! » ; « chrétiens, musulmans, juifs, tous Français », etc. Vingt années auparavant, une profanation de sépultures juives au cimetière de Carpentras, déjà attribuée à l’extrême-droite, avait jeté 200 000 personnes, dont le président de la République et le cardinal Lustiger, dans les rues de Paris. Le candidat de la droite nationale, pas plus que celui de la droite libérale ne semblent, dans les sondages, bénéficier d’un surcroît de faveurs. Le seul candidat dont les intentions de vote progressent sensiblement est celui de l’extrême-gauche, mélange d’apparatchik socialiste et de tribun révolutionnaire, allié au Parti communiste. Il excelle à flatter les passions des foules qui le suivent : “tricoteuses” haineuses qui veulent faire payer les riches avant de les guillotiner, militants révolutionnaires, mais employés de La Poste ou du Crédit Lyonnais, nostalgiques du grand soir.

Pauvre peuple de France !

Avili par la pornographie.

Abruti par la télévision.

Énervé, au sens étymologique, par un système d’assistanat unique au monde.

Déraciné par un enseignement de l’histoire visant à former un simple citoyen du monde.

Culpabilisé par un prurit de repentance sans cesse renouvelé.

Anesthésié au point de ne plus même vouloir assurer sa simple survie physique par une limitation des naissances suicidaire.

Gorgé de biens matériels qui ne l’empêchent pas d’être le premier consommateur mondial de psychotropes par habitant.

Préserver des « arches »

A vue humaine, tout paraît perdu, mais céder au désespoir serait à la fois pécher contre l’espérance et négliger une partie de la réalité. En effet qu’observons-nous ? La France est le pays :

  • où la passion de l’histoire et l’amour du patrimoine sont élevés au rang de phénomène de société avec, par exemple, le succès d’un parc d’attraction populaire comme celui du Puy-du-Fou ;
  • où s’est manifestée avec le plus de vigueur la résistance à la révolution conciliaire. Résistance qui n’a pas été qu’intellectuelle mais qui s’est incarnée dans des réalisations concrètes : pèlerinages de Pentecôte, écoles créées, paroisses revitalisées, etc. ;
  • toujours fidèle à sa vocation universelle, ce dont témoigne le rôle d’associations comme Médecins sans frontières, les French doctors, quoique l’on pense par ailleurs de certains de leurs engagements partisans. Dans la discrétion et la douleur s’est reconstruit un christianisme plus identitaire et décomplexé, rassemblant traditionalistes de différentes obédiences, familles qui assument leurs choix religieux et éducatifs contre « l’enfouissement » post-conciliaire et le Moloch étatiste, Français de bonne volonté à la recherche de leurs racines chrétiennes, petits-enfants de Mai 68 en quête de certitudes et de transcendance…

L’Histoire nous apprend que la nation française du Québec, abandonnée par la France après le traité de Paris en 1763, a cependant survécu. Rassemblé autour de ses paroisses et de ses écoles, fidèle à sa langue, à sa religion et à ses traditions (la devise de la province est : « Je me souviens »), le peuple français du Québec, soutenu par une forte natalité et une stricte endogamie, est resté fidèle à son identité, jusqu’au concile Vatican II, au milieu d’un océan de populations anglo-saxonnes et en butte à un pouvoir politique qui avait pour objectif sa disparition ou son assimilation/dilution. Notre situation est, à certains égards, comparable.

L’accession aux plus hautes responsabilités politiques semble, à vue humaine, pour l’heure inaccessible et d’ailleurs que serait-il possible d’en faire au milieu d’un tel flot de populations, au mieux étrangères, à nos valeurs et à nos traditions ? Le combat politique actuel est donc aujourd’hui d’abord conditionné par la nécessité de sauvegarder ce qu’il subsiste de chrétienté dans nos sociétés. L’exemple québécois manifeste que c’est possible, avec l’aide de Dieu, à condition de le vouloir et de s’en donner les moyens naturels et surnaturels.

Jean-Pierre Maugendre

Texte tiré de la revue Renaissance Catholique n° 121 qui vient de paraître. A se procurer pour 6 euros franco de port.






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Mise à jour le 25 avril 2012