Association Renaissance Catholique

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Renaissance Catholique n° 148


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Renaissance Catholique est un mouvement de laïcs qui agit pour la défense de la vie et de la famille et œuvre pour la restauration des valeurs chrétiennes dans la société française.

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Écologie humaine

Les Droits de l’homme et la souffrance des hommes (2)

par Jean-Pierre Maugendre

Nous poursuivons la publication de la communication donnée par le Président de Renaissance Catholique lors du Congrès de Laissez-Les-Vivre SOS Futures Mères, le 16 février dernier à Paris.

La souffrance des hommes

Quels sont les résultats de ces nouveaux principes ? Ont-ils apporté un bonheur sans mélange à des populations autrefois « abruties » par la religion et « opprimées » par des classes possédantes insatiables ?
Prenons quelques chiffres dont il est légitime de penser qu’ils ne sont pas sans lien avec le bien-être ou le mal-être de nos contemporains :
– Il y a en France, annuellement, plus de victimes de suicides que d’accidents de la route, et le suicide est la première cause de mortalité chez les 15-35 ans.
– Un mariage sur deux débouche sur un divorce.
– Une femme sur deux a avorté.
– Plus de 200 000 avortements sont pratiqués chaque année.
– 90 % des femmes sexuellement actives sont sous contraception.
– Le syndrome post-avortement n’en est qu’à ses prémices médiatiques et physiologiques et sera certainement un des éléments marquants des sociétés futures.
– La pilule contraceptive, qui était le symbole et le moyen de la « libération » de la femme, « un enfant si je veux, quand je veux, comme je veux », s’avère une terrible bombe à retardement ayant déjà provoqué le décès de plusieurs centaines d’utilisatrices. Nous n’en sommes là aussi qu’au début de ses dommages collatéraux.
– Un enfant sur cinq est élevé par un seul parent.
– Un enfant sur dix vit dans une famille recomposée.
– Des maladies nouvelles sont apparues, dont le sida est la plus emblématique. Maladie qui affecte de manière particulièrement forte et discriminante la communauté homosexuelle. En France, un nouveau cas de sida sur deux est attribué à un membre de la communauté homosexuelle.
Et si, au final, les Droits de l’homme se ramenaient à une chose bien simple, vigoureusement fustigée par Bernanos dans La grande peur des bien-pensants : « En réalité la société actuelle, société de transition, de compromis, dite moderne, n’a aucun plan, ne pose aucun but déterminé, sinon celui de durer le plus longtemps possible grâce à la méthode qui l’a servie jusqu’ici, celle d’un dégoûtant empirisme. Après un siècle et demi elle souffre encore, elle souffrira toujours de sa tare originelle et d’avoir été premièrement conçue par des femmes quadragénaires et par des cuistres, entre deux culbutes amoureuses. Philosophes à perruques et à jarretières, bourgeoises opulentes, marquises volcaniques, fortes et poilues comme des hommes, capables de croquer chaque jour un barbacole au dessert, toute cette canaille dorée de mil sept cent quarante, pourrie jusqu’à l’os du croupion, mangée vive par les chancres et les gommes, et qui laisse dans l’histoire une odeur de culottes suspectes et de seins gras, n’avait sérieusement servi, sous des noms divers, que la libération de la braguette. » Au-delà du lyrisme bernanosien, comment se fait-il que la religion des Droits de l’homme, car c’en est une, avec « ses rites, (les élections, les manifestations de rue), ses grands prêtres (le présentateur du journal télévisé de 20 heures, les éditorialistes de la grande presse), ses mythes fondateurs (la Révolution française, mai 68…), ses saints laïcs (Jean Jaurès, le Mahatma Gandhi, Che Guevara, Nelson Mandela, Stéphane Hessel…), ses péchés irrémissibles (le fascisme, le racisme, l’intolérance…) et bien sûr sa Sainte Inquisition, chargée de brûler en place publique les œuvres de ceux qui sont rétifs à l’ordre démocratique dominant. » Comment se fait-il que la Terreur et le malheur suivent de si près la Déclaration et la proclamation des Droits souverains de l’homme sans Dieu pour aboutir, aujourd’hui, au pseudo mariage de deux femmes ou de deux hommes entre eux ou elles et, demain, à la même simagrée entre un homme et deux femmes ou une femme et un chimpanzé… « puisqu’ils s’aiment » ?

La loi naturelle

Il semble que la raison essentielle de ces aberrations soit très simple. Il existe des lois sociales aussi implacables que les lois physiques. Il ne viendrait à l’idée de personne, doué de raison, de se jeter du premier étage de la tour Eiffel sous prétexte que la loi de la gravitation universelle est une intolérable atteinte à sa dignité et à sa volonté de voler comme les oiseaux, puisque l’observation de la réalité nous a depuis longtemps démontré qu’il est possible de se mouvoir dans l’espace aérien tout en étant plus lourd que l’air. Celui qui ne respecte pas cette loi se condamne à quelques déconvenues et ce n’est qu’en connaissant cette loi qu’il sera possible, dans une certaine mesure, de s’en affranchir.
S’il existe des lois régissant la vie des hommes en société c’est parce qu’il existe une nature humaine. Or les Droits de l’homme, qui sont surtout l’exaltation de l’individualisme hédoniste sans frein, ne prennent pas en compte la nature sociale de l’homme. C’est cet homme moderne « né enfant trouvé et mort célibataire », selon l’expression d’Ernest Renan, qui refuse toute détermination : celle de l’histoire, de la langue et de la famille, et même, aujourd’hui, celle du sexe. L’homme des droits de l’homme se suffit à lui-même. Or telle n’est pas la nature de l’homme. Il est au contraire le plus dépendant des êtres du monde animal. Nous lisons ainsi, sous la plume de Charles Maurras dans la Préface de Mes idées politiques ces propos très éclairants : « Le petit poussin brise sa coquille et se met à courir. Peu de chose lui manque pour crier : « je suis libre »… Mais le petit homme ?
Au petit homme, il manque tout. Bien avant de courir, il a besoin d’être tiré de sa mère, lavé, couvert, nourri. Avant que d’être instruit des premiers pas, des premiers mots, il doit être gardé de risques mortels. Le peu qu’il a d’instinct est impuissant à lui procurer les soins nécessaires, il faut qu’il les reçoive, tout ordonnés, d’autrui.
Il est né. Sa volonté n’est pas née, ni son action proprement dite. Il n’a pas dit Je ni Moi, et il en est fort loin, qu’un cercle de rapides actions prévenantes s’est dessiné autour de lui. Le petit homme presque inerte, qui périrait s’il affrontait la nature brute, est reçu dans l’enceinte d’une autre nature empressée, clémente et humaine : il ne vit que parce qu’il en est le petit citoyen.
Son existence a commencé par cet afflux de services extérieurs gratuits. Son compte s’ouvre par des libéralités dont il a le profit sans avoir pu les mériter, ni même y aider par une prière, il n’en a rien pu demander ni désirer, ses besoins ne lui sont pas révélés encore. Des années passeront avant que la mémoire et la raison acquises viennent lui proposer aucun débit compensateur. Cependant, à la première minute du premier jour, quand toute vie personnelle est fort étrangère à son corps, qui ressemble à celui d’une petite bête, il attire et concentre les fatigues d’un groupe dont il dépend autant que de sa mère lorsqu’il était enfermé dans son sein.
Cette activité sociale a donc pour premier caractère de ne comporter aucun degré de réciprocité. Elle est à sens unique, elle provient d’un même terme. Quant au terme que l’enfant figure, il est muet, infans, et dénué de liberté comme de pouvoir ; le groupe auquel il participe est parfaitement pur de toute égalité : aucun pacte possible, rien qui ressemble à un contrat. Ces accords moraux veulent que l’on soit deux. Le moral de l’un n’existe pas encore. »

(à suivre)






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Mise à jour le 3 mai 2013