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Renaissance Catholique n° 148


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Écologie humaine

Les Droits de l’homme et la souffrance des hommes (3)

par Jean-Pierre Maugendre

Nous poursuivons la publication de la communication donnée par le Président de Renaissance Catholique lors du Congrès de Laissez-Les-Vivre SOS Futures Mères, le 16 février dernier à Paris.

Les conditions du bonheur

Dès sa naissance, l’homme dépend de la société. Il est le plus dépendant des êtres du monde animal. Mais cette dépendance, vitale au sens le plus premier du terme, va à l’encontre de la première caractéristique du triptyque révolutionnaire : la Liberté. Quant à l’Égalité, qui serait, selon Jean-Marc Ayrault, l’âme de la France, ce que concrétise prétendument le suffrage universel, elle est à la fois un non-sens intellectuel et une impossibilité pratique. Un non-sens intellectuel d’abord car les compétences ne sont pas identiques, et pour le dire clairement : l’avis de l’homme de la rue sur les techniques d’exploitation du gaz de schiste, par exemple, n’intéresse personne. Une impossibilité pratique ensuite, car la vie sociale est faite d’interdits : essayez par exemple d’entrer à l’Élysée sans y avoir été conviés et vous verrez ce qui se passe. Les Droits de l’homme moderne débouchent inexorablement sur la souffrance des hommes car ils nient la réalité de la nature et de la condition humaine :
- L’épanouissement de l’enfant exige qu’il soit élevé par son père et sa mère.
- La femme s’accomplit dans le don de soi et le don de la vie, pas dans l’égoïsme et la mort donnée à son enfant.
- La perturbation, par la pilule contraceptive, du cycle hormonal de la femme pendant des années ne peut pas ne pas avoir des conséquences graves et néfastes.
- Les organes adaptés à l’expulsion des déchets issus du corps humain le sont à cet effet et non à un usage sexuellement récréatif. Confondre ces deux usages, c’est aller au-devant de graves déboires physiologiques.
- La fidélité dans le couple, qui est une lutte de chaque instant, est cependant, à terme, le meilleur gage de paix et de bonheur.

- N’est-il pas frappant d’observer comme le sacro-saint principe de précaution s’efface dès qu’il paraîtrait devoir remettre en cause les dogmes « droits-de-l’hommistes » : l’équivalence de tous les types d’union sexuelle, le refus de toute discrimination, une liberté sexuelle sans frein. Les victimes du sang transfusé hier, celles des pilules contraceptives de 3e et 4e génération aujourd’hui, paient cette soumission dogmatique à l’idéologie libertaire et égalitariste. Comme le rappelait le grand démographe Alfred Sauvy :
Dieu pardonne toujours.
L’homme pardonne parfois.
La nature ne pardonne jamais.

La liberté conçue comme rejet de tout ce qui peut, de l’extérieur, ordonner l’action de l’homme, et de tout ce qui, étant autre que lui, risque de s’imposer ou d’agir dans la détermination de son comportement, débouche sur la souffrance et la mort.
Pour avoir préféré à la parole de l’Écriture, « la Vérité vous rendra libre » (Jn 8, 32), la formule maçonnique « liberté, tu es la seule vérité », notre monde agonise dans les atroces convulsions que provoque la négation du réel.
Dès 1888, dans l’encyclique Libertas Præstantissimum, Léon XIII avait mis le doigt sur le cœur de la difficulté : « La liberté humaine suppose la nécessité d’obéir à une règle suprême éternelle ; et cette règle n’est autre que l’autorité de Dieu nous imposant ses commandements ou ses défenses ; autorité souverainement juste qui, loin de détruire ou de diminuer en aucune sorte la liberté des hommes, ne fait que la protéger et l’amener à sa perfection car la vraie perfection de tout être c’est de poursuivre et d’atteindre sa fin : or, la fin suprême vers laquelle doit aspirer la liberté, c’est Dieu. »

Il est de bon ton de se gausser, par exemple, des liens du mariage. Or si les liens nuisent à la liberté de mouvement des éléments unis entre eux, ils assurent cependant la cohésion de l’ensemble. Si aucun ciment ne lie entre-elles les pierres d’un édifice, sa stabilité et sa solidité ne peuvent qu’en être amoindries. Le lien, qui est toujours une restriction aux passions et aux envies de chacun, est orienté au service du bien commun, ce qui ulcère l’homme moderne individualiste et autocentré. Le 12 septembre 2008 au Collège des Bernardins à Paris, Benoît XVI rappelait : « Si la culture européenne d’aujourd’hui comprenait désormais la liberté comme l’absence totale de liens, cela serait fatal et favoriserait inévitablement le fanatisme et l’arbitraire. L’absence de liens et l’arbitraire ne sont pas la liberté, mais sa destruction. » Rien n’est plus actuel. Le constat est d’autant plus douloureux que l’homme moderne est à la fois limité dans ses envies par les lois impitoyables de la nature et blessé, comme ses ancêtres, depuis la faute originelle d’une blessure intime et cruelle qui faisait s’écrier Ovide avant saint Paul : « Video meliora, proboque, deteriora sequor. »,« Je vois le bien, je l’approuve, je fais le mal. » Cet aiguillon planté dans notre chair et notre esprit récuse la thèse rousseauiste de la bonté naturelle de l’homme sur laquelle repose la légitimation des droits de l’homme moderne. Il me semble que c’est là que se situe la véritable ligne de fracture politique dans notre société.

(à suivre)






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Mise à jour le 3 juin 2013