Association Renaissance Catholique

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26e Fête du Livre, dimanche 10 décembre
à Grand’Maisons (Villepreux, Yvelines), dimanche 10 décembre de 11h à 19h.

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Renaissance Catholique n° 148


L'association

Renaissance Catholique est un mouvement de laïcs qui agit pour la défense de la vie et de la famille et œuvre pour la restauration des valeurs chrétiennes dans la société française.

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Entretien avec Jean-Pierre Maugendre

Mobiliser les catholiques pour la Vie,

Publiée dans le quotidien Présent

— Renaissance Catholique organise, cette année encore, pour la 18e fois, une Marche aux flambeaux pour la vie de la Basilique de Notre-Dame-des-Victoires à celle du Sacré-Cœur-de-Montmartre. Quel est l’objectif de cette marche et quels ont été les résultats des années précédentes ?

— L’avantage et l’inconvénient, convenons-en, de notre Marche est qu’elle n’est pas qu’une démarche publique à finalité médiatique. Bien sûr, nous souhaitons que cette manifestation rassemble le maximum de personnes et ait un retentissement le plus large possible. Cependant, l’essentiel est ailleurs. Cette marche de prière et de réparation portera des fruits surnaturels, mais aussi naturels, à proportion de la ferveur et du nombre de personnes qui auront prié aux intentions de la défense de la vie humaine innocente de la conception à la mort naturelle ainsi qu’à la défense de la famille constituée par l’union stable d’un homme et d’une femme entourés de leurs enfants. Le véritable et principal instigateur de la culture de mort est, très logiquement, celui qui est homicide depuis le commencement : Satan lui-même. Ne pouvant atteindre Dieu directement, il s’attaque à Sa création et à l’élément le plus noble de la création : l’homme. La volonté de Dieu, et la raison de l’incarnation du fils de Dieu, est que s’accomplisse le nombre des élus. Satan met tout en œuvre pour que cet accomplissement ne soit pas atteint, d’une part en favorisant tous les comportements qui, dérivant de l’instinct sexuel, sont fermés à la procréation (homosexualité, contraception, onanisme…), d’autre part en conduisant à la perdition des être humains déjà conçus par la banalisation et la promotion de toutes les formes d’immoralité. Ignorer la dimension eschatologique du combat pour la vie c’est, me semble-t-il, passer à côté de la réalité première des faits et tomber dans un des nombreux pièges de la laïcité. Il n’est pas inutile de rappeler que pendant 18 ans nous avons maintenu, quasiment seuls, le flambeau de la défense de la vie par une manifestation publique, exemple aujourd’hui heureusement suivi par d’autres. Notre rassemblement a son originalité propre qui est d’être une démarche manifestement et publiquement catholique de prière et de réparation. Le collectif « 30 ans ça suffit ! », dont nous faisons partie, a un objectif plus spécifiquement politique. Quant à la Life parade, son positionnement se veut plus consensuel, moins doctrinal et religieux.

— Cette défense de la vie est au cœur de la campagne électorale pour les élections présidentielles américaines. En France ce sujet n’est pas un enjeu électoral. Comment expliquez-vous cette différence de situation ?

— Je discerne trois raisons principales. Le noyau dur de la résistance à l’avortement et à la culture de mort est constitué aux États-Unis par les Églises évangélistes et l’Église catholique. En France il n’y a pas d’Églises évangélistes ayant un poids significatif et l’Église catholique ne veut pas rentrer en conflit avec l’État sur les questions de morale. Je n’écarte pas que, consciemment ou non, ce soit une forme de reconnaissance pour la cogestion, de l’Église catholique en commun avec l’État, du système éducatif français. Que vont devenir nos écoles, qui sont tout ce qui nous reste de puissance et de reconnaissance sociale, si nous nous heurtons de front à la puissance publique, pensent peut-être certains ? A ma connaissance aucun évêque français n’a refusé la communion à un homme politique publiquement favorable à l’avortement, aucun évêque français ne participe physiquement aux diverses manifestations publiques organisées pour la défense de la vie… Concédons cependant que le temps d’une certaine forme « d’Église du silence » semble toucher à sa fin et que certains évêques parlent désormais haut et clair, dans ce domaine, comme Mgr Rey à Fréjus ou Mgr Cattenoz à Avignon.

La seconde raison est que plus d’un siècle de séparation de l’Église et de l’État a provoqué de profonds ravages dans les mentalités. Pour beaucoup de nos concitoyens la loi civile prime effectivement sur la loi morale, ou plus précisément devient moral ce qui est autorisé par la loi positive ! C’est là l’héritage de la philosophie des Lumières et de la Révolution française. Remettre en cause la loi civile c’est se comporter en hors-la-loi. La société américaine, moins dogmatique, accepte plus facilement la remise en cause des situations existantes. On observe d’ailleurs qu’une partie des militants les plus actifs des mouvements pro-vie sont des femmes qui ont eu recours à l’avortement et qui, au contact de la réalité des faits, ont découvert qu’on leur avait menti. Les progrès scientifiques et la banalisation des échographies jouent également un rôle de sensibilisation important sur la prise de conscience du caractère humain du fœtus. En France, nous restons fidèles au vieux principe de Rousseau dans son Introduction sur l’origine de l’inégalité parmi les hommes : « Écartons tous les faits ».

Enfin, les États-Unis restent un pays de libertés et conservent en particulier, jalousement, la possibilité pour les particuliers de faire ce qu’ils veulent de leur argent. La pression fiscale en France, une des plus élevées au monde, fait que c’est en réalité l’État qui décide quelles sont les actions et les œuvres à soutenir et celles qui ne méritent aucune aide. La part de nos revenus prélevée par l’État pour faire vivre une administration pléthorique, une Éducation nationale que nous n’utilisons quasiment pas sauf dans les études supérieures, et une multitude d’associations et d’organismes subversifs (HALDE, Planning familial, Gay Pride…) pourrait contribuer –utilisée au service de la vie– à renverser la dictature du moralement correct. Les mouvements pro-vie aux États-Unis disposent, dans une société de liberté, de moyens financiers sans commune mesure avec ceux dont disposent les mouvements pro-vie en France. Nos impôts subventionnent régulièrement le Planning familial mais jamais la Fondation Jérôme-Lejeune ! Je lance à cet égard un appel à vos lecteurs. Le montant des dons que nous recevons pour nous aider et couvrir les frais de notre marche baisse régulièrement. Nous avions observé en 2007 un tassement de la participation des marcheurs, vraisemblablement dû à la finale de la coupe du monde de rugby. Nous attendons, cette année, un sursaut quantitatif et financier, qui nous montre la volonté de la Providence que cette marche perdure.

— Concrètement ?

— Le rendez-vous est fixé devant la basilique Notre-Dame-des-Victoires (M° Bourse) à partir de 17 h 30, le samedi 11 octobre. Après une prière et la cérémonie de départ nous nous dirigerons, à un rythme de marche permettant aux familles de cheminer paisiblement, vers la basilique du Sacré-Cœur où nous serons accueillis par un Salut du Saint-Sacrement à 20 h. Ce Salut, célébré dans la splendide basilique élevée par nos pères après le désastre de Sedan, est toujours un moment d’intense émotion. C’est aux pieds du Christ, présent sous les apparences du pain, que nous venons déposer nos prières et nos sacrifices, mais aussi nos combats et nos espoirs.

Propos recueillis par François Franc Article extrait de Présent n° 6688 du samedi 4 octobre 2008






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Mise à jour le 15 octobre 2008