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Sous le signe d’Antigone



Préface : Sous le signe d’Antigone

Par Jean-Pierre Maugendre, Président de Renaissance Catholique



Au temps de Jeanne d’Arc, c’était par milliers que se dénombraient les familles chrétiennes où la Providence divine pouvait choisir celui ou celle qui serait son instrument pour le relèvement de la France. L’occupation étrangère et la trahison des élites politiques et religieuses avaient préservé intacte une société aux institutions encore chrétiennes. Cette armature permettait l’épanouissement ou à défaut, eu égard aux malheurs des temps, la survie dans des milliers de cœurs et d’âmes des vertus surnaturelles de foi, d’espérance et de charité, conditions de la fidélité au Décalogue transcendé par les Béatitudes.

Ces temps sont révolus !

La pratique des vertus chrétiennes demande un héroïsme de tous les instants dans une société dont les « valeurs » constituent un véritable contre-Décalogue :

  • Tu n’auras pas d’autre Dieu en ma présence est devenu : tous les dieux honoreras et surtout les sans-dieux gratifieras,
  • Tu n’emploieras pas en vain le nom de Dieu : pour faire de l’argent le nom de Dieu sans cesse blasphémeras,
  • Rappelle-toi de sanctifier les fêtes : dimanches et fêtes ne chômeras pour sacrifier au dieu Mammon,
  • Honore ton père et ta mère : tes parents en hospice placeras avant la piqûre libératoire,– Tu ne tueras pas : avortements, génocides et euthanasies commettras mais toujours au nom des Droits de l’Homme,
  • Tu ne feras pas d’impuretés : pour « jouir sans entraves » à toutes tes pulsions et fantasmes te livreras,
  • Tu ne voleras pas : au nom des seules lois du marché et du libre-échange les pauvres et les faibles exploiteras,
  • Tu ne diras pas de faux témoignages : conformément aux dits du prophète Lénine, « le mensonge est la première arme du meneur révolutionnaire », jamais par la réalité des faits ne seras lié, n’importe quoi raconteras,
  • Tu ne désireras pas la femme d’autrui : au jeu de la séduction sans cesse te livreras,
  • Tu ne désireras pas le bien d’autrui : par le socialisme sans cesse le bien d’autrui essayeras de posséder.

Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité une société s’est donnée des lois sans aucune référence naturelle ou transcendante. L’homme est devenu la mesure de toute chose. Il décide souverainement du Bien et du Mal. Les conséquences se présentent à nos yeux ébahis et stupéfaits :

  • les petites filles n’ont plus le droit de jouer à la poupée,
  • le viol avec violence devient un simple divertissement hugolien sous le vocable de « troussage de domestique »,
  • en 35 ans, rien qu’en France, plus de 7 millions de bébés ont été tués par leur mère,
  • en une seule journée des centaines de milliards d’euros peuvent s’envoler en fumée au gré des humeurs imprévisibles de ces nouvelles idoles puissantes et mystérieuses : les marchés.

Le chrétien engagé en politique, c’est-à-dire tout simplement élément actif de la cité, selon les talents reçus, là où la Providence l’a placé, se trouve alors confronté à une double tentation. La plus grossière est de chercher par tous les moyens intellectuels possibles, et Dieu sait si dans ce domaine l’intelligence humaine s’avère particulièrement féconde, à concilier la radicalité surnaturelle de l’Évangile avec les valeurs ô combien naturelles du monde. La grande idée est alors de baptiser des concepts en eux-mêmes étrangers voire opposés au christianisme. Sont ainsi apparus la démocratie-chrétienne, le socialisme chrétien, le rock chrétien… sans oublier le Christ républicain de Lamennais ni le Christ révolutionnaire de la théologie de la libération.

Il est malheureusement un fait que la volonté de baptiser ces « vertus chrétiennes devenues folles », selon l’expression de Chesterton, a surtout débouché sur une apostasie de nombreux chrétiens qui, parfois avec générosité, s’étaient engagés sur ces chemins de traverse.

Les prêtres ouvriers se sont mués en délégués CGT. Les ecclésiastiques adeptes de la théologie de la libération, d’abord guérilleros, sont devenus ministres puis ont disparu de la scène politique et religieuse, généralement “mariés”.

Tous avaient oublié la sentence du psalmiste (Psaumes 1,1) : « Heureux l’homme qui ne va pas aux conseils des méchants, qui ne se tient pas dans la voie des pécheurs et ne fréquente pas la société des mécréants ».

À rebours de ce ralliement aux valeurs du monde, certains, moins nombreux, ont choisi une rupture radicale d’avec lui, constituant ainsi de nouveaux ghettos psychologiques ou physiques. Modernes Amish, ils pensent qu’afin d’éviter la contamination du monde, il convient de le fuir et d’éviter au maximum tout contact avec lui. L’humanité courant à sa perte, il suffit de la laisser poursuivre sa course folle vers l’abîme en ayant comme unique souci de préserver intact le dépôt de la foi et de la morale catholiques.

Ce repli communautaire n’est pas sans fondements politiques et religieux. Il est cependant aux antipodes de l’Evangile qui nous demande d’être « le sel de la terre » et « d’enseigner toutes les nations ».

Entre ralliement au monde et exfiltration du monde, que faire ? Saint Grégoire de Nysse nous livre une piste en affirmant que « le juste milieu, c’est le chemin des crêtes ». Le routier scout qu’est Rémi Fontaine nous conduit, à sa suite, sur cette ligne de crête qu’est celle du sain et légitime communautarisme. Communautarisme, car la résistance aux séductions du monde exige qu’existent des lieux préservés où puissent se vivre et se transmettre, dans la paix et leur intégrité, les valeurs de la civilisation chrétienne. Sain et légitime car ces « îlots (…) sont des zones de protection dans lesquelles la beauté du monde, la beauté de l’existence possible devient de nouveau visible en contraste avec tout ce qui est abîmé autour de nous » (Benoît XVI in Lumière du monde). Ces « arches », selon l’expression de Jean Raspail, n’ont pas vocation à être des ghettos poussiéreux figés dans l’observation tatillonne de règles désuètes mais des citadelles, des lieux de ressourcement et d’enracinement où se forgent les convictions et se confortent les volontés de ceux qui ont fait leur la devise de saint Pie X, Omnia instaurare in Christo, tout restaurer dans le Christ.

Les monastères bénédictins, pendant la nuit des invasions barbares, jouèrent ce rôle de mainteneurs et de refuges. Ils préparèrent dans le secret des cloîtres la Renaissance carolingienne puis l’âge d’or de la Chrétienté occidentale que fut le XIIIe siècle alors que de nouveaux ordres religieux venaient répondre aux besoins d’apostolat de l’Église de ce temps et que le roi de France Louis IX, dit Saint Louis, recevait à sa table saint Thomas d’Aquin.

Le communautarisme n’est pas une fin en soi. Il permet de donner une base arrière à notre élan missionnaire. En effet, notre vocation n’est pas de rester minoritaires dans ce pays qui fut celui de la croisade et des cathédrales, de sainte Geneviève et de sainte Jeanne d’Arc. Notre résistance spirituelle, intellectuelle, morale et politique au monde moderne ne s’apparente pas tant au combat des ultimes défenseurs de Byzance qu’au pèlerinage des élus en marche vers la Jérusalem céleste.

Le chrétien en politique, parce qu’il a les yeux fixés vers le ciel, sait qu’il existe des points non négociables (selon Benoît XVI, la défense de la vie, de la famille, de la liberté d’éducation) qui sont les modernes grains d’encens que les puissants du jour voudraient voir sacrifier aux idoles du progrès, de la modernité, de la démocratie, de l’évolution des mœurs…La leçon d’Antigone reste très actuelle. L’obéissance à la volonté humaine de l’autorité légitime, celle du roi Créon, étant subordonnée à la conformité de ses injonctions aux lois non écrites édictées par les dieux.

Mais le chrétien a aussi les deux pieds dans la boue de la condition humaine et, à ce titre, il doit essayer de faire vivre et de préserver ce qu’il peut rester de vestiges de la loi naturelle dans une dissociété (selon l’expression de Marcel De Corte) broyée entre le marteau du fondamentalisme musulman et l’enclume de la sécularisation hédoniste.

À quelques mois d’échéances électorales cruciales, Rémi Fontaine livre aux catholiques de France de précieuses réflexions permettant d’être dans ce monde sans être de ce monde, en politique aussi, en politique surtout.

Jean-Pierre Maugendre, Président de Renaissance Catholique


Sous le signe d’Antigone. Les catholiques en politique au XXIe siècle, Rémi Fontaine, Contretemps, 2012, 276 pages, 15 €
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Mise à jour le 29 février 2012