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L’éditorial de Jean-Pierre Maugendre

Primes d’ancienneté et droits politiques



Extrait de la revue Renaissance Catholique n° 131

Notre pays se complaît dans les paradoxes. Ainsi la prime d’ancienneté fait partie des sacro-saints droits acquis et la jurisprudence accepte le fait que le fameux slogan « À travail égal, salaire égal » soit pondéré par la prise en compte du temps passé par chacun dans l’entreprise. La justification morale en est que si l’entreprise Dutruc est ce qu’elle est aujourd’hui, c’est en partie parce que M. Dupont est présent depuis vingt ans et a, à sa place, contribué à l’existence, voire au développement, de la société. Son collègue Durand qui a été embauché plus récemment contribue de la même manière actuellement au bon fonctionnement de l’entreprise mais objectivement sa contribution dans le temps est moindre, ce qui justifie un écart de rémunération entre ces deux personnes.

Vive la prime d’ancienneté !
La quintessence de ce système est atteinte dans la fonction publique avec le célèbre avancement à l’ancienneté. Il apparaît ainsi légitime à tous que l’ancienneté dans une entreprise permette de bénéficier d’avantages financiers.

Pas de prime d’ancienneté en politique !
Transposons maintenant cette proposition consensuelle du domaine social au domaine politique : il est juste et légitime que ceux qui, eux-mêmes ou par leurs ancêtres, ont plus contribué à l’existence de la France aient des avantages politiques sur les nouveaux venus qui bénéficient du capital constitué par d’autres. Devant une telle affirmation, les grand-prêtres de la Pensée unique n’ont pas fini de déchirer leur robe et de s’exclamer : « Il a blasphémé ». Le nouvel académicien, Alain Finkielkraut, l’a expérimenté à ses dépens ayant été l’objet d’un véritable lynchage médiatique après avoir osé rappeler qu’il existait en France, aussi, des « Français de souche ».
Les commémorations du centenaire du déclenchement de la Première Guerre mondiale ont déjà largement commencé. Il n’est pas une famille de ces Français de souche tant honnis et vilipendés qui n’ait son nom inscrit sur les monuments aux morts de nos cimetières. N’en doutons pas : le Catalan ombrageux qui dirige le gouvernement, le démagogue sicilien qui préside l’Assemblée nationale, la toute jeune retraitée espagnole qui gouverne Paris, etc. trouveront des mots émouvants pour honorer le sacrifice de nos Anciens qui ne sont pas, biologiquement, les leurs, c’est un fait. Il n’en restera pas moins que le plus humble et le plus oublié des arrière-petits-fils de Poilus aura plus, par sa famille, fait de sacrifices pour la France, que ces nouveaux venus dont la morgue n’est généralement surpassée que par l’incompétence. Tous les talents sont les bienvenus au service de la France et de sa vocation. Des obscurs légionnaires devenus « fils de France non par le sang reçu mais par le sang versé » aux plus célèbres serviteurs de l’État ou artistes : Mazarin, Lully, le général Weygand…

La République contre la réalité
Une autre réalité s’impose, opportunément mise en valeur dans un récent livre de Marie-Pauline Deswarte, La République organique en France : une nation n’est pas un rassemblement d’individus mais une société de familles. Ce sont des familles, et non des individus, qui nous relient aux acteurs de la Première Guerre mondiale. La nation est ainsi une société (de socius, l’ami) de familles, ce qui explique que les ennemis de la famille sont aussi, souvent, ceux de la nation, enfermés dans l’immédiateté de l’instant, incapables d’assumer un passé qui les écrase et de préparer un avenir qui les dépasse. À ces ilotes déracinés ne restent que les incantations déclamatoires aux mânes de la République qui effectivement ne connaît pas la famille et ne fait généralement référence à la tradition dite républicaine que lorsqu’il s’agit de défendre les privilèges de certains élus ou fonctionnaires.

Pour une République organique
La République démocratique moderne ne reconnaît comme citoyen qu’un individu indifférencié, « né enfant trouvé et mort célibataire », sans racines ni responsabilités, lié momentanément, par contrats résiliables ad libitum à d’autres fils d’enfants trouvés pour « jouir sans entraves » de l’instant présent. Le suffrage du sympathique « idiot du village », éternel assisté, sans responsabilités sociales ni descendance, pèse du même poids que celui du chef de famille, père de nombreux enfants et responsable de plusieurs emplois dans sa commune. Le vote du nouvel arrivant d’origine étrangère dont le seul mérite est d’être né sur le sol français vaut celui du français de souche dont la liste des ancêtres « morts pour la France » couvrirait plusieurs pages de l’annuaire téléphonique.
Ce système est injuste car artificiel et donc porteur de toutes les mystifications et manipulations. C’est aussi à ce niveau de réflexion que doivent se positionner les moyens de sortir de la crise intellectuelle, morale et identitaire que nous vivons. Depuis deux siècles, le mythe des bonnes élections a la vie dure. C’est l’ensemble du système politique qu’il faut repenser et refonder à partir du réel qui est certes la situation présente mais aussi le poids des morts et de l’Histoire.
C’est ce à quoi nous vous invitons à l’occasion de notre prochaine Université d’été à laquelle nous vous attendons nombreux, du 11 au 14 juillet, au Carrousel de Baronville, non loin de Chartres.

Jean-Pierre Maugendre

Achat de la revue au numéro : 6 € franco






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Mise à jour le 6 juin 2014