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Renaissance Catholique n° 148


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« Mariage » pour tous

Quelles leçons politiques tirer des manifestations du 13 janvier ?

Les centaines de milliers, voire plus d’un million, de marcheurs qui ont, pacifiquement, envahi Paris le 13 janvier représentent une France qui fait rarement la une de l’actualité. Face à l’ampleur de cette résistance, il est très probable que le gouvernement va se murer dans un autisme idéologique et sectaire déniant la réalité. Manifestations populaires, actions sur les élus et argumentaires de fond restent donc d’actualité et à la portée de chacun selon ses compétences.

Jamais la distinction maurrassienne entre le pays légal et le pays réel n’est apparue avec une telle acuité qu’aujourd’hui.

Une foule orpheline

Les centaines de milliers, voire plus d’un million, de marcheurs qui ont, pacifiquement, envahi Paris le 13 janvier représentent une France qui fait rarement la une de l’actualité. Cette foule bon enfant, familiale, « blanche », intégrée, attachée aux valeurs traditionnelles et à l’ordre, n’a plus, à ce jour, de représentation politique crédible. Elle avait été révulsée par l’ouverture sociétale à gauche de Nicolas Sarkozy (Frédéric Mitterrand, Fadela Amara ou Roselyne Bachelot étant ministres) et a sans doute constitué les gros bataillons des 2 147 173 bulletins blancs ou nuls qui, au second tour de l’élection présidentielle, ont assuré la défaite de Nicolas Sarkozy. François Fillon se trompe quand il affirme, selon Le Canard enchaîné, que « ceux qui sont contre le mariage gay à l’UMP et les cathos voteront toujours pour nous ».

Cette foule se sentait-elle d’ailleurs toujours bien en phase avec les propos des organisateurs de La Manif pour tous très attachés à dissimuler le « catho » pour exhiber « l’homo » ? Il est à noter que cette mobilisation s’est opérée, à l’instar des Tea Parties aux États-Unis, en dehors des appareils des partis politiques, bien divisés sur le sujet. Pour l’UMP François Fillon était absent, et Jean-François Coppé a dénoncé « ce projet qui n’est pas l’urgence ». Ce qui signifie, en bon français, que le nouveau président de l’UMP n’est pas, par principe et conviction, contre la dénaturation du mariage mais qu’il trouve simplement que ce n’est pas le moment. Les palinodies à la tête du FN ont confirmé que ce mouvement qui fut, un temps, le réceptacle privilégié de la défense des valeurs traditionnelles est aujourd’hui aligné en bonne part sur le « politiquement correct », ce que confirment les vœux sur Internet de Marine Le Pen qui se positionne dans une approche uniquement sociale des maux dont souffre la France. Seul Bruno Gollnisch est resté fidèle à la ligne historique du mouvement.

Dieu n’est pas mort

La postmodernité qui avait un peu tôt signé la mort de Dieu et des religions est bien obligée de constater que le cadavre de Dieu bouge encore… En effet, tout le monde convient que c’est le maillage paroissial et diocésain de l’Église catholique qui a permis la formidable mobilisation du 13 janvier. À l’avenir, l’Église pourrait être l’âme de la résistance à la « dictature du relativisme » (Benoît XVI) comme l’Église de Pologne fut l’âme de la résistance à la dictature communiste ? Le voudra-t-elle ? La question mérite d’être posée.

Un gouvernement d’autistes

Face à l’ampleur de cette résistance, il est très probable que le gouvernement va se murer dans un autisme idéologique et sectaire déniant la réalité. Après les attaques contre l’Église menées par Cécile Duflot et Vincent Peillon, l’offensive s’est poursuivie avec la minimisation, par le ministère de l’Intérieur, du nombre des marcheurs, les 100 000 € de participation à la réfection de la pelouse du Champ de Mars demandés par la mairie de Paris à La Manif pour tous, le refus du président de la République de recevoir les responsables de ce rassemblement alors que les dirigeants de l’inter-LGBT avaient été reçus dans les 24 heures suivant leur demande, etc. Où il se confirme que la gauche gouverne mal mais se défend bien !

La bataille continue

De son côté, l’opposition revigorée par le succès de cette manifestation semble prête à mener une guérilla parlementaire acharnée au nom du vieux principe : « Je suis leur chef donc je les suis. » L’appel au référendum, d’initiative populaire ou parlementaire, est parfaitement verrouillé par la nécessité de recueillir les signatures de 10 % du corps électoral (soit 4,5 millions de personnes, objectif quasiment inaccessible) pour pouvoir mettre en œuvre ce processus. Voilà qui ne va pas réconcilier les Français avec leurs représentants ou réputés tels ! Le risque n’est pas non plus nul qu’à l’occasion de ces débats les revendications des manifestants du 13 janvier ne soient trahies par certains députés, soutenus par des dirigeants de La Manif pour tous, semble-t-il acquis à un PACS+ et tout disposés, par exemple en créant une « alliance civile », à accroître la visibilité sociale de l’homosexualité. La lutte contre « l’homophobie » reste un sujet piégé, « l’homo-éducation des familles homosexuelles » risque de resurgir ainsi que la « PMA » pour certains. En 1984, les manifestants pour la défense de la liberté scolaire n’avaient-ils pas été trahis par les accords Lang-Cloupet qui gelaient les parts respectives de l’enseignement public et de l’enseignement privé dans le service public de l’Éducation nationale. C’est la raison pour laquelle, à chaque rentrée, l’enseignement catholique refuse des dizaines de milliers d’inscriptions et chaque réduction d’effectifs d’enseignants dans le public s’accompagne d’une réduction proportionnelle dans le privé.

Une rue de Paris, le 13 janvier 2013

« Catholiques pour la famille »

Ces inquiétudes ont permis l’émergence d’une manifestation « complémentaire » sous le vocable « Catholiques pour la famille » autour de l’Institut Civitas, et de notre association, totalement occultée par les médias malgré son succès numérique. Pour l’avenir, il est possible qu’émerge une nouvelle force politique, ce qui ne pourra pas se faire sans l’aval de l’Église qui, ayant adoubé Frigide Barjot, semble préférer l’homophilie déjantée et branchée de la parodiste au discours clair et certainement orthodoxe mais prétendument « border line » des Catholiques pour la famille. Ce qui est certain c’est que le combat continue et que les six mois qui viennent seront dominés par ce sujet, à moins que le gouvernement ne lâche prise. Les échéances électorales de 2014 approchent (élections municipales, sénatoriales et européennes) et un certain nombre de députés-maires ou de simples maires élus du PS vont sans doute faire savoir à la direction du parti qu’ils ne souhaitent pas perdre leur mairie à cause d’une revendication ultra-minoritaire, ce dont témoignera la comparaison des effectifs des manifestations des 13 (anti-mariage pour tous) et 27 janvier (pro-mariage pour tous). Manifestations populaires, actions sur les élus et argumentaires de fond restent d’actualité et à la portée de chacun selon ses compétences.

Jean-Pierre Maugendre






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Mise à jour le 24 janvier 2013