Association Renaissance Catholique

Agenda

Répondre aux défis du monde moderne - Formation pour les 16 - 25 ans
du samedi 28 octobre au mercredi 1er novembre 2017

Nouveauté


Géographie pour les enfants


L'association

Renaissance Catholique est un mouvement de laïcs qui agit pour la défense de la vie et de la famille et œuvre pour la restauration des valeurs chrétiennes dans la société française.

Lettre d’informations

Adhésion

Abonnement

Don

Renaissance Catholique
13 avenue de la Paix
92130 Issy-Les-Moulineaux

Téléphone : 01 47 36 17 36

nous contacter

 


Université d’été 2013

Réfléchir à nos méthodes sans infléchir nos principes

Entretien avec Jean-Pierre Maugendre



Dans un mois s’ouvrira la 22e Université d’été de Renaissance Catholique. Thème, objectif, actualité, nouveautés : Jean-Pierre Maugendre, Président de l’association, explique dans cet entretien les raisons du thème choisi cette année et l’objectif des travaux et échanges mis au programme.

Pourquoi avoir choisi comme thème de cette Université d’été cette question, Après la chrétienté ? Alors que notre famille d’esprit se retrouve plutôt dans l’appel historique et le sermon de Dom Gérard à Chartres « Demain la chrétienté » ?

Jean-Pierre Maugendre : Il n’est pas question pour nous de renier l’appel de Dom Gérard et notre aspiration à la restauration de la chrétienté comme forme parfaite de la royauté sociale du Christ, qui ne consiste pas, comme il le rappelait, à instaurer le paradis sur terre mais à faire de nos sociétés terrestres un escabeau pour accéder au Ciel.
Il se trouve cependant que le constat que chacun peut faire est celui d’un éloignement toujours plus grand entre le tableau qu’offre la société dans laquelle nous vivons et cet idéal. Pendant deux siècles, la société française qui avait renié ses racines chrétiennes lors de la Révolution Française, a continué à vivre sur les acquis de la société traditionnelle. Nous sommes aujourd’hui à la fin de cette situation équivoque et ambiguë, comme un paquebot achève sa course sur son élan alors que les machines sont à l’arrêt depuis longtemps. Un certain nombre de règles morales élémentaires ont, longtemps, semblé communes à la société laïque et à la société chrétienne. En réalité nous nous apercevons aujourd’hui que les valeurs et institutions qui continuaient de structurer la société devenue laïque étaient chrétiennes par essence car elles reposaient sur une conception chrétienne de l’homme. La société laïque avait été obligée de les tolérer parce que les esprits y étaient attachés par la longue habitude des siècles.


Mais une morale qui n’est plus sous-tendue par des principes devient vite intransmissible. Il était commun de dire que la morale de l’instituteur laïc était identique à celle du curé. En réalité, le « hussard noir de la République » avait été formé par deux mille ans de civilisation chrétienne. Même anticlérical, il était une espèce de chrétien involontaire. N’ayant pas transmis à ses enfants et petits-enfants les principes sur lesquels, sans qu’il le sache, sa propre morale était fondée, il a fait le lit d’une société dans laquelle son petit-fils fume des pétards, vit en couple avec un autre homme et considère que la pédophilie est une activité récréative parmi d’autres.
Dans une certaine mesure, la succession des lois libertaires qui ont été adoptées depuis une quarantaine d’années a levé l’équivoque née de cette coexistence d’un reliquat de morale chrétienne avec l’abandon des principes qui la sous-tendaient. L’adoption de la loi sur le pseudo mariage homosexuel donne désormais à ceux qui en doutaient encore et hésitaient, de ce fait, à la condamner, la démonstration éclatante de la contradiction radicale entre les aspirations de la société moderne, libertaire et l’idéal de la société chrétienne.

Il nous a semblé que, face à cette crise de civilisation, il n’était pas suffisant d’en appeler à l’invocation incantatoire et nostalgique de la chrétienté médiévale. Une action politique ne se juge pas seulement à la noblesse de ses idéaux mais aussi à sa capacité à s’adapter au réel et à changer le cours des choses. Il est un fait qu’aujourd’hui, dans nos sociétés, les chrétiens sont devenus une minorité, et que leurs aspirations ne sont ni partagées, ni même seulement comprises par l’immense majorité de leurs concitoyens. Dans le dialogue de sourds auquel nous sommes confrontés, faire claquer les bannières de notre fidélité sans nous soucier de l’incompréhension qu’elles rencontrent peut nous procurer la satisfaction du devoir accompli. Mais n’y a-t-il pas dans cette attitude plus d’amour propre que d’amour de la vérité ? Il existait autrefois une conception de l’homme commune aux catholiques et à leurs adversaires. Qui aurait mis en cause, ne serait-ce qu’il y a cinquante ans, le fait qu’une famille soit constituée d’un homme, d’une femme et de leurs enfants et que l’État avait le devoir de protéger cette institution fondamentale sur laquelle repose toute la société ? Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Quelles conséquences peut avoir ce changement de paradigme sur notre action ?
La restauration de la Cité catholique telle que saint Pie X la promouvait reste notre objectif. Il n’empêche qu’elle ne se présente plus dans les mêmes termes. Le temps a fait son œuvre et ce qui apparaissait au saint pape comme des égarements passagers a connu une forme d’institutionnalisation dans ce que Jean-Paul II a appelé des « structures de péché ». Quelles sont les conséquences de ce nouveau rapport de force instauré dans la société et de la multiplication des lois qui ne peuvent, selon une conscience droite, être acceptées ? Doit-on renoncer à tenter de les faire réformer, si l’on ne peut obtenir de les faire abroger ? Jusqu’où peut-on accepter d’aller dans le compromis ? Comment incarner des principes immuables dans une réalité politique et sociale par nature évolutive ?
Ces interrogations pourront peut être scandaliser ceux qui ont eu le grand mérite de maintenir par leur attachement indéfectible les principes qui restent les nôtres, mais il nous semble que la réalité nous impose de réfléchir aussi à nos défaites.

Que penser, dans ce contexte, du grand mouvement populaire de résistance à la dénaturation du mariage ? N’est-ce pas déjà une réponse à la question que vous posez comme thème de votre université d’été ?

J.-P.M. : Il est incontestable que ce mouvement constitue un immense succès populaire, qui contraste avec l’insuccès rencontré, depuis des années, par tous ceux qui ont essayé de réveiller les consciences à l’égard de la désagrégation de la société. Reste qu’il a été initié dans des conditions et sur des bases critiquables, dans la mesure où elles étaient dominées par la phobie d’être catalogué comme « catholique » et faisaient un certain nombre de concessions sémantiques à l’adversaire en particulier sur l’homophobie et le CUC (contrat d’union civile). De plus, si la mobilisation, pour l’heure, reste entière, la loi a été votée et commence à être appliquée. En prenant une partie de ses mots d’ordre chez l’adversaire, La Manif Pour Tous n’a totalement échappé ni à l’omerta médiatique, ni à la diabolisation. L’un des objets de notre université d’été sera d’essayer de mettre à plat l’ensemble de ces problèmes pour examiner de quelle manière il serait possible de concilier l’intransigeance sur les principes et une meilleure efficacité.

Y a-t-il des nouveautés particulières à l’occasion de cette 22e édition ?

J.-P.M. : Avant d’évoquer d’autres nouveautés, en particulier sur les aspects d’organisation matérielle, je voudrais parler des intervenants de cette université, car nous aurons la chance de bénéficier d’un « plateau très relevé ».
Pour les conférences magistrales, nous avons sollicité des intellectuels et universitaires qui ont réfléchi sur les questions que j’évoquais précédemment, comme Claude Rousseau, Antoine Quercy, Guillaume de Thieulloy, Joël Hautebert, l’abbé Claude Barthe, Aymeric Chauprade et François-Xavier Bellamy.
Pour les tables rondes, nous avons donc demandé à un certain nombre de praticiens de venir nous faire partager leur expérience, et nos universitaires pourront ainsi entendre et interroger des acteurs de grande valeur dans les différents domaines choisis pour thèmes. Sur le thème Quelle école catholique ?, nous avons réuni un directeur diocésain de l’enseignement catholique (Thierry Aillet), un fondateur d’école hors contrat (Michel Valadier) et le directeur général de la Fondation pour l’École (Anne Coffinier), qui s’exprimeront sous la houlette de Gabrielle Cluzel, animatrice de cette table ronde mais par ailleurs animatrice du Libre Journal de la famille et de l’éducation sur Radio Courtoisie.
Sur le thème Agir en politique, une table ronde que j’animerai nous permettra de confronter les expériences de ceux qui ont choisi de s’engager au sein du Front National comme Bruno Gollnisch, de ceux qui l’ont quitté pour privilégier des actions locales comme Jacques Bompard, et de ceux qui ont au contraire fait le choix d’un engagement dans l’UMP dans l’espoir de « droitiser » son discours comme Christian Vanneste, sans oublier Xavier Lemoine, maire de Montfermeil, qui mène un combat de tous les jours, en dehors des appareils des grands partis politiques.
La table ronde Comment résister à la culture de mort ? rassemblera, sous la férule de Jeanne Smits, courageuse directrice du quotidien Présent et vice-présidente de l’AGRIF, Luc Perrel, président de Laissez-Les-Vivre–SOS Futures-Mères, association historique du combat contre l’avortement, le docteur Xavier Mirabel, président de la très dynamique Alliance Vita, Jean-Marie Le Méné qui dirige la Fondation Jérôme Lejeune et Grégor Puppinck, directeur du Centre européen pour le Droit et la Justice (Strasbourg).
Enfin, interrogés par Michel De Jaeghere, qu’on ne présente plus ici, plusieurs journalistes (Aymeric Pourbaix, directeur de la rédaction de Famille Chrétienne, Philippe Maxence, rédacteur en chef de L’Homme Nouveau, Laurent Dandrieu rédacteur en chef adjoint de Valeurs Actuelles et Michel Janva, principal blogueur du Salon Beige, viendront témoigner de leur engagement dans les domaines de la culture et de la communication.

J’en reviens maintenant aux offres nouvelles que nous avons mises en place cette année en faveur de nos participants. Certes, les quatre journées de cette université constituent un tout homogène et le programme d’étude suit un certain déroulement en vue d’une fin à construire (nous parlions les autres années d’un livre qui s’écrit jour après jour devant les auditeurs), mais nous sommes conscients que les temps deviennent économiquement de plus en plus difficiles pour tous.
C’est pourquoi nous proposons une formule d’inscription « à la journée » comprenant les deux repas et les activités du jour : conférences, table ronde… pour la somme de 70 €. Cette formule souple passe, comme la participation aux quatre jours, par une inscription préalable, indispensable pour notre gestion logistique et pour nous permettre de fournir le meilleur service aux universitaires.
Enfin, dans le but de faciliter l’accès du plus grand nombre à cette université, nous maintenons à la fois un tarif particulièrement attractif pour les lycéens et étudiants de moins de 25 ans (70 € pour les quatre jours) et inaugurons des conditions particulières pour les ménages de moins de 40 ans : l’inscription du conjoint est gratuite, ce qui représente une réduction de 50 % pour la participation du ménage.

Un thème prégnant, un lieu plaisant, un programme puissant, un coût adaptable : ce millésime de notre université s’annonce comme un grand cru !

Propos recueillis par Pierre Darnac






Article précédent :
Dominique Venner (1935-2013)
Article suivant :
Réflexions sur la loi






Mise à jour le 10 juin 2013