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Extrait de la revue n°109

« Sans respect de la vie humaine, il n’y a plus d’état de droit ni de paix possible »

Entrevue avec Jean-Marie Le Méné, président de la Fondation Jérôme-Lejeune

À l’occasion des débats sur la révision de la loi bioéthique, Jean-Marie Le Méné, président de la Fondation Jérôme-Lejeune, répond aux questions sur l’actualité des questions de bioéthique et l’engagement auquel sont appelés les catholiques.

Vous avez été auditionné le 3 juin dernier par la commission d’information sur la loi bioéthique. Quels sont les enjeux et les risques de cette nouvelle loi ?
Jean-Marie Le Méné : Il y a de nombreuses questions en suspens puisqu’il s’agit de réviser la loi de 2004, elle-même héritière de celle de 1994, chacune ayant apporté son lot de transgressions. Tout le monde pense naturellement à la possible autorisation des mères porteuses ou de l’ouverture de l’assistance médicale à la procréation (AMP) aux couples homosexuels, mais il me semble que ces extravagances portent en elles-mêmes leur propre condamnation. Ce qui me paraît plus préoccupant, c’est la montée de l’eugénisme à travers la généralisation du dépistage anténatal de la trisomie 21, l’extension du diagnostic préimplantatoire (DPI) aux prédispositions génétiques et la normalisation des destructions d’embryons humains pour de prétendus besoins de la recherche.

Les hommes politiques,les scientifiques que vous rencontrez ont-ils pris la mesure du risque de laisser la recherche progresser sans aucune barrière morale ?
C’est exactement le thème du livre, Nascituri te salutant – La crise de conscience bioéthique [1], que je viens de publier et ce que j’ai cherché à mettre en valeur à l’occasion de mes auditions par les pouvoirs publics. Depuis quinze ans, les lois de bioéthique et leurs promoteurs nous ont rabâché que, pour progresser, il faudrait nécessairement transgresser. Aussi, les transgressions se sont-elles multipliées au fil des lois. Mais on attend toujours les progrès censés accompagner ces transgressions ! À la vérité, le progrès ne doit rien à la transgression morale. Dans le domaine de la recherche sur les cellules souches, la découverte récente par le Pr Yamanaka, de la reprogrammation cellulaire le prouve éloquemment. C’est cette découverte géniale qui est porteuse d’avenir et non l’utilisation des cellules embryonnaires. Or, cette découverte s’est faite sans sacrifier un seul embryon humain.

On a l’impression que le rouleau compresseur pro-mort ne peut être arrêté.
Je ne le pense pas. Il existe des indices qui montrent que des évolutions sont possibles dans le bon sens. Ainsi, il n’est pratiquement plus un « acquis » des lois de bioéthique qui ne soit remis en cause ou au moins discuté. J’en cite quatre. L’eugénisme dû au dépistage anténatal de la trisomie 21, dont le Conseil d’état a heureusement pris conscience dans son rapport, devrait, si les pouvoirs publics étaient cohérents, faire l’objet de mesures de restriction extrêmement vigilantes, ce qui est encore très loin d’être le cas. L’utilisation du double DPI pour créer des bébés-médicaments a été dénoncée par le Conseil d’état et pourrait être remise en cause par le Parlement. La découverte majeure du Pr Yamanaka a fait perdre tout intérêt à la destruction de l’embryon humain pour la recherche, à supposer qu’elle en eût. Pour la même raison, le clonage humain qui, il y a seulement quatre ans, était âprement réclamé par certains, ne soulève plus le moindre enthousiasme. Cette crise de conscience, très inégale d’ailleurs, que je décris dans mon livre, si elle est nécessaire, n’est pas suffisante. Il reste aux autorités politiques à faire preuve de courage pour prendre les décisions qui en découlent. À cet égard, l’expression spontanée des citoyens sur le site officiel des états généraux de la bioéthique –excellente en ce qu’elle condamne unanimement l’eugénisme et la destruction de l’embryon– devrait inciter l’état à se déterminer dans le sens du bien commun, sauf à tourner le dos à la méthodologie qu’il a voulu mettre en place.

Quel doit être le rôle des catholiques dans les grands débats bioéthiques du moment ?
On doit reconnaître que l’église en France s’est bien mobilisée à l’occasion des états généraux de la bioéthique de 2009 et maintenant de la révision de la loi qui commencera en 2010. Il faut rappeler que les catholiques eux-mêmes ont une responsabilité directe à l’égard du respect de la vie. Autant on peut respecter la vie sans être chrétien, autant on ne saurait être chrétien sans respecter la vie. Sans respect de la vie humaine, il n’y a plus d’état de droit ni de paix possible. Le temps du dialogue est passé. Celui de l’action est venu.

Propos recueillis par Charles Mir

Fondation Jérôme Lejeune : www.fondationlejeune.org






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Mise à jour le 8 décembre 2009